LONG 80 SOMME PICARDIE

LONG SOMME 80 PICARDIE

LONG SOMME PICARDIE 80

Histoire de la Commune de LONG LE CATELET

à travers l'histoire de France

par Lionel BACQUET

Cette rubrique évoluera au fur et à mesure de mes recherches et permettra aux personnes qui veulent connaître l'histoire du village de LONG de trouver là tout ce que je sais sur cette commune... il me parait normal que chacun puisse s'approprier l'histoire de LONG ...

Commençons par le commencement... et plantons le décor...

Il semblerait que la constitution de la terre remonte à quelques 4,6 milliards d’années à partir d’un gigantesque nuage de gaz et de poussière ; à force de tourner autour du soleil ces grains de poussière se sont attirés et ont formé la terre en se soudant…Cette terre primitive a subi un important bombardement par des météorites (bing bang) . Les chocs répétés ont libéré beaucoup d’énergie sous forme de chaleur (plus de 2000 °C). Cette chaleur a fait fondre l’ensemble des constituants de la terre. La terre a grossi peu à peu, ce qui a augmenté la pression à l’intérieur et provoqué la solidification du manteau et d’une partie du noyau. Durant les 100 premiers millions d’années de la vie de la terre une atmosphère primitive s’est formée. Elle était très riche en vapeur d’eau, en dioxyde de carbone et dépourvue d’oxygène.

Il y a 4 milliards d’années, la température de l’atmosphère diminuait et devenait inférieure à 100° C, la surface de la terre se refroidissait… l’eau pouvait alors se condenser et quitter la phase gazeuse pour s’abattre sur le sol. Pendant des millions d’années la température du sol était telle que l’eau tombée se vaporisait immédiatement,, remontait dans l’atmosphère en se refroidissant, se condensait à nouveau et retombait en pluie…Puis la surface de la terre devint suffisamment froide, l’eau prit sa place sur la croûte terrestre pour former les mers et les océans…

Il y a trois cents millions d’années se formait la « Pangée ». C’est au début du jurassique que ce continent unique commença à se fractionner en deux grands continents, laissant s’installer également les mers et les océans… La terre allait changer ainsi pendant des millions d’années. Notre terre prenait doucement la forme qu’on lui connaît aujourd’hui... et les iles britanniques sont séparées de la France et du reste de l'Europe par la Manche. La mer venait jusqu'à L'étoile semble-t-il et notre région en garde des tracesau sein de la vallée de la Somme et de ses coteaux de craie (couches de coquillages calcaires etc...).

Echelle des temps géologiques

Ci-contre l’évolution de la terre ; au Trias, le continent unique qui formait notre planète se disloque et au Crétacé, les divers continents apparaissent distinctement... Aujourd’hui encore les plaques bougent de quelques centimètres par an.

Il est intéressant de voir l’énorme changement de notre globe terrestre au cours des dernières 245 000 000 d’années … mais peut-on imaginer ce que représente cette durée de temps ?!!!

ci-dessus les grandes étapes de l’évolution de l’espèce humaine

La vie n’avait plus qu’à s’installer…

Nous ne parlerons de l'évolution des espèces, mais nous nous arrêterons simplement à l’apparition de l’homme il y a quelque 500 000 ans. Les premiers hommes mirent près de 300 000 ans pour apprendre à travailler grossièrement la pierre; il fallut 100 000 ans supplémentaires pour que naisse l'idée de fixer des pierres pointues à l'extrémité d'un bâton; l'invention de la roue ne remonte qu'à 5 ou 6 000 ans. Nous qui vivons au siècle de toutes sortes d'inventions (aviation, télévision, ordinateur, téléphone etc... . il nous semble incroyable qu'à une certaine époque et avec une telle lenteur, des hommes se soient émerveillés de l'invention de la hache ou du moyen de faire du feu.

Le scientifique donne le nom d’homo habilis au premier homme qui s’est servi d’un outil…

Aux dires des scientifiques les premiers hommes sont remontés d’Afrique, berceau de l' humanité, ou de Chine pour aller vers le nord ; il semble même qu’ils aient pu aller en Angleterre à pied puisque la manche ne séparait pas encore notre territoire des îles Britanniques.

Il est donc fort probable que dès l’occupation de notre Pays par les premiers hommes, LONG et les marais ont été habités…

En effet des grattoirs de silex dont la forme et la taille situent leur fabrication au Paléolithique supérieur, peu après la dernière glaciation du Würm, ont été découverts sous la tourbe par monsieur Jean LOO dans les années 1970, ce qui tend à accréditer l’idée que des contemporains de Cro-Magnon ont bien habité ce même endroit il y a près de 40 000 ans.

Comment vivaient-ils ? Du paléolithique ancien au néolithique ces hommes étaient des chasseurs, des pêcheurs et des cueilleurs... nous pouvons les imaginer dans nos marais tendant une embuscade à un cerf ou jetant un hameçon dans l'eau de la rivière Samara... ces hommes devaient être vêtus de peaux de bêtes. Les hommes de cette époque aimaient se parer de coquillages, de bijoux d’os et d’ivoire. Ils se fardaient et se teignaient la peau.

Ils apprirent au fil du temps à tailler la pierre et se servirent, comme première arme, du coup de poing de silex taillé en forme d’amande. Puis l’outillage se perfectionna lentement. L''homme préhistorique confectionne avec les cornes ou les os des animaux qu'ils tuent pour manger, avec les silex qu'ils trouvent en plaine, des haches, des burins, des perçoirs, des grattoirs, des tranchets, des harpons,des hameçons etc…

c'est à cette époque qu'ils commencent à dessiner, sculpter ou graver.

Ces hommes améliorèrent en même temps leurs conditions de vie ; la découverte du moyen de faire du feu leur permit de faire cuire et conserver la viande.

La vallée qui séparent les deux coteaux, l’un au Catelet, l’autre à Long,large de près de 2 kilomètres n'était qu'un grand fleuve. Il perdit de sa puissance et déposa de plus en plus d’alluvions. Les feuilles des nombreuses forêts qui bordaient la rivière tombaient dans l’eau à l’automne et formaient peu à peu la « tourbe » qui allait changer la vie des hommes dès le moyen âge. Ainsi naissait petit à petit le paysage que nous connaissons aujourd’hui. La rivière « Somme » coula donc plus doucement au milieu des marais. On peut donc tout à fait imaginer que des hommes aient pêché en se servant de nasses ou construit des barrages sur la rivière pour capturer le poisson.

L’homme passa de l’âge de pierre (Paléolithique : environ 50 000 ans à 5000 ans avant Jésus-Christ), à celui de la pierre polie (Néolithique : environ 5000 ans à 2000 ans avant Jésus-Christ).

, le climat devient plus tempéré, les hommes de notre Région habitent des constructions lacustres ou des grottes. Il y a 18 000 ans l’homme invente l’aiguille, ce qui va lui permettre de se confectionner des vêtements etc…puis il apprend à tisser.

Au néolithique ancien, les hommes défrichent, fabriquent des armes plus sophistiquées, ils apprivoisent les animaux et commencent à cultiver certaines plantes qui leur servent de nourriture. Ils façonnent même des poteries… Ils deviennent également des bâtisseurs et sont de plus en plus ingénieux. L’homme évolue jusqu’à croire aux « Esprits »… cette nouvelle population dont on a baptisé la civilisation "Danubienne" dont on a retrouv& des traces à Belloy-sur-Somme et plus près de chez nous à Longpré-les-Corps-Saints.

Confection d’une aiguille dans un gros os de ruminant

Puis vient l’âge des métaux (Temps protohistorique : environ 2000 ans avant Jésus-Christ). Nos ancêtres travaillent tour à tour le cuivre, puis le bronze et enfin le fer. La technique de la fusion de ces premiers métaux dans des fourneaux chauffés au bois à plus de 1000 degrés donnera le minerai qui sera coulé dans des moules pour créer des armes, des outils, des bijoux. Grâce au mélange du cuivre et de l’étain (dix pour un), on fabrique des armes en bronze beaucoup plus solides. A partir de ce moment, les inventions vont se multiplier…

confection d’un creuset d’argile pour couler le métal en fusion.

Des peuplades venus de l’Europe centrale s’installent également dans notre vallée… les chevaux sont domestiqués et les fameux « Celtes » qui sont, semble-t-il, grands avec les cheveux blonds ou roux et qui ont le teint clair, choisissent de vivre chez nous .…

Ces populations auront bientôt une organisation sociale avec des regroupements en villages et en cités et obéiront à des chefs. De la période préhistorique, ces hommes nous conduisent vers notre histoire.

Cette période est passionnante et nous avons la chance d’avoir de grands hommes qui ont travaillé sur cette periode de la préhistoire… le plus grand d’entre eux, Jacques Boucher de Crèvecoeur de Perthes plus connu sous le nom Boucher de Perthes(1788-1868). Il est considéré comme le fondateur de la préhistoire. Abbeville a d’ailleurs donné le nom de Boucher de Perthes à son musée.

Pour découvrir également toutes les richesses des différentes recherches sur cette période je vous conseille de visiter « Samara » près de la Chaussée Tirancourt, à quelques kilomètres d’Amiens, vous pourrez découvrir l’ingéniosité de ces hommes et la rapidité avec laquelle ils évoluent… grâce au Conseil Général de la Somme en particulier, ce lieu est un dictionnaire ouvert dans lequel on peut aller d’une période à une autre en découvrant l’évolution de notre espèce… vous verrez les différents habitats, les différentes évolutions à travers les âges et vous pourrez découvrir pendant la saison estivale ou les vacances scolaires la façon de travailler de nos ancêtres en direct… à voir absolument…

Oppidum de la Chaussée Tirancourt et SAMARA

Vous pouvez également découvrir les livres de Monsieur Roger AGACHE qui a fait des photos aériennes sur la Région et qui a découvert de nombreux sites archéologiques. Les sites de Cocquerel, L'Etoile, Bailleul ou Bettencourt Rivière sont très riches en vestiges (voir photos de M.AGACHE)

Mais revenons à LONG. Nous pouvons admettre facilement qu’une cité lacustre ait pu exister dans nos marais…Notre Région était habitée ; de nombreuses découvertes à LONG ou dans les villages avoisinants l’attestent. La rivière « Somme » ou plutôt « Samara » coule au milieu de notre vallée entre Le Catelet et Long et c’est un lieu idéal pour s’installer…

Ces hommes sont déjà de véritables agriculteurs et de parfaits artisans. Ils connaissent la manière de défricher les forêts et savent depuis longtemps cultiver la terre.

Ils se servent d’un araire pour creuser le sol ; (nous avons la chance d’en avoir une à la mairie, elle nous a été confiée par monsieur Emmanuel PETIT, un amoureux de la préhistoire). Cet outil sera bientôt remplacé par la charrue qui retourne mieux la terre. Ces hommes savaient également moissonner, battre le blé. Ils cultivaient l’orge pour fabriquer de la bière. Ils élèvaient des animaux domestiques, savaient faire le fromage, l’hydromel…

Ces hommes étaient également de vrais bâtisseurs avec un savoir-faire déjà tout à fait exceptionnel.

Après avoir coupé le bois, ils taillaient les poutres nécessaires à la construction des maisons et assemblaient le tout avec des chevilles… c’était déjà du grand art. Tous ensemble ils construisaient leurs maisons et bientôt le village prenait corps…

Construction d’une maison en bois, torchis et recouverte de chaume ou de roseaux

… Au siècle dernier, Long avait encore des maisons recouvertes en chaume et nous connaissons encore des maisons en torchis… Malheureusement bien souvent lors de la restauration de nos maisons, le torchis laisse la place à d’autres matériaux… le torchis avait pourtant un pouvoir isolant non négligeable.

Beaucoup de métiers existaient déjà à cette époque : le forgeron par exemple est un personnage important et son savoir-faire fascine; après avoir concassé des pierres brunes ou noirâtres et les avoir disposées entre les couches de charbon de bois, il allume le feu qui va permettre la fusion du fer. Il emprisonnera ce fer en fusion dans des creusets de terre pour en faire des outils, des armes, des bijoux.

D’autres métiers sont tout aussi importants, le charcutier, le tisserand, le tonnelier, le teinturier, la fileuse, l’ébéniste, le charron, le potier, etc…etc…

Les Gaulois construisaient leurs bateaux pour la pêche et allaient chasser le sanglier, le cerf ou d’autres gibiers. Cette tradition a perduré… et nous sommes toujours très attachés à ces pratiques ancestrales. La vie du village était codifiée et dirigée par un chef… tout ne se passait pas toujours bien, le Gaulois aimait les querelles et la guerre … son langage devait être le Celte…ses croyances étaient portées vers la nature, ils adoraient les sources, les rivières, le soleil, leurs Dieux étaient les compagnons de la vie quotidienne.Le sens de la famille est déjà très développé. Elle ne se limite pas au couple, elle groupe parents, enfants, grands-parents, cousins, frères et sœurs etc… plusieurs familles forment un clan. La femme tient un rôle important au sein de la famille, même si l’homme a droit de vie ou de mort sur sa femme et ses enfants.

Existait-il un druide à LONG ? Cueillait-il le gui avec sa faucille d’or ? On peut l'imaginer ; le prêtre ou druide était celui qui avait la connaissance et qui fabriquait les remèdes pour toutes sortes de maladie …les druides furent persécutés par les troupes romaines lors de l' invasion de la Gaule.. On dit que les Gaulois au Nouvel An criaient « Au gui l’An Neuf », alors… il est vrai qu’aujourd’hui pour certains d' entre nous la tradition d' offrir du gui à la nouvelle année existe toujours…Comme nous pouvons le voir, les Gaulois, nos ancêtres, nous ressemblaient beaucoup… et s’ils ne savaient pas écrire, ils étaient civilisés.

La vie dans notre région allait changer avec l’invasion de la gaule par Jules César en 58 avant Jésus-Christ. Les habitants allaient se mobiliser pour combattre l’envahisseur… c’est à cette époque que sont construits de nombreux oppidums encore appelés éperons barrés (Liercourt, L’Etoile, La Chaussée Tirancourt etc… L'avancée de l'éperon est barrée en direction du plateau par un système défensif constitué d'un talus ou "ager" élevé avec les matériaux extraits du fossé creusé en avant de cet "ager". Le volume des terres remuées est considérable: à Liercourt l'épaisseur du talus à la base est d'une trentaine de mètres pour une hauteur de 10 à 12 mètres. La largeur du fossé atteint 22 mètres; les sommets de l'ager étaient sans doute palissadés. L’efficacité de la défense était accrue par le creusement de fossés qui fournissaient la terre des talus .Malheureusement les Romains après les avoir conquis vont s'y installer. Jules CESAR passera près de chez nous en 57 avant Jésus-Christ et reviendra 2 ans plus tard et cantonnera pendant la période hivernale dans la région de Samarobriva (Amiens) .

En 52 avant Jésus-Christ, c’est le soulèvement général de la Gaule avec à sa tête le plus célèbre des Gaulois, Vercingétorix… Il conduit une guerre sans merci aux Romains… il pratique la politique de la terre brûlée, empêchant ainsi les troupes romaines de se ravitailler… Il résiste à Gergovie, sa citadelle au cœur du pays des Arvernes, poussant César à abandonner le champ de bataille. Malgré cette victoire, les Gaulois doivent capituler quelque temps plus tard, après le siège d’Alésia (près de Dijon) par les Romains pendant deux mois. Vercingétorix se rend à César pour sauver ses guerriers, il sera emmené à Rome et décapité. Après l’écrasement des dernières révoltes en 50 avant Jésus-Christ, le bilan est lourd… un million de morts.

Les Romains, forts de leur victoire, allaient occuper notre pays pendant plus de cinq siècles. C’est l’époque gallo-romaine ; elle va changer radicalement notre Pays…

Rome divise la gaule romaine en quatre provinces pour mieux la contrôler. La commune de LONG est située dans la région nommée « Belgique » et nous sommes donc des AMBIENIS.

Pendant des années, le pays va changer, la construction de routes pavées, plus de 20 000 kilomètres, va permettre une meilleure communication entre les régions (d’où certainement la maxime : tous les chemins mènent à Rome). La naissance de villes va apporter une autre qualité de vie et le développement du commerce.Dans les campagnes, des villas gallo-romaines vont être construites un peu partout. ( Il en existerait une sur la route d’Ailly ).

Les Gaulois vont vivre une longue période de paix et s’habituer à l’occupation romaine, prenant même quelques-unes de leurs traditions. Vers l’an 27 on peut découvrir Amiens, que l’on nomme à l’époque « Samarobriva », capitale des Ambiani, avec son forum, son amphithéâtre, son aqueduc,ses thermes publics, ses maisons recouvertes de tuiles et ses grandes artères…  Notre population a vraiment pris toute la richesse de l’Empire Romain et a amélioré ainsi considérablement sa qualité de vie. Samarobriva offre tout le confort à ses habitants… Le commerce est prospère, les enfants commencent à aller à l’école…

Nous sommes vraiment devenus des gallo-romains…nous parlons le latin ou presque… le néo-latin plus exactement, le latin des soldats, des commerçants qui deviendra peu à peu le roman du moyen-âge et deviendra le vieux français. Le Picard découle de ce dialecte. Nous allons même jusqu’à adorer les Dieux romains et « romaniser » les nôtres. La seule chose que nous gardons, ce sont nos moustaches tombantes, nos cheveux longs, nos saies (manteaux) et nos braies (pantalons)… la toge n’a pas la côte… peut-être est-ce dû à notre climat…

Mais à LONG, il n’est pas certain que la population faîte à cette époque de paysans, de pêcheurs et de chasseurs aient tous adopté les mœurs romaines… ils ont peut-être tout simplement cohabité avec les plus riches pour le commerce. Nous devons laisser aller notre imagination…

Il reste peu de vestiges de cette époque et nous pourrions croire que l’occupation de notre région a été peu importante… mais Jules César, dans les commentaires qu’il faisait concernant la guerre des Gaules, prouve le contraire… on apprend même que la Somme va devenir une sorte de frontière.

Une voie romaine reliait Samarobriva à Abbeville et passait peut-être par la rue de la poissonnerie. Cette voie reliait peut-être également les oppidums de L’Etoile et de Liercourt ?

Voici quelques écrits qui nous éclairent un peu sur l' occupation romaine dans notre village.

1) Les neuf - détection par Roger Agache (1966) d' un grand enclos circulaire isolé (diathèque n°6724 Agache 1964 g.12 Agache et Bréart 1975 - 84)

2) Les onze - détection par Roger Agache (1974) d'un grand enclos circulaire double et irrégulier pas loin de l'enclos des neuf (diathèque n°6729-6734: Agache 1964 g 12 Agache et Bréart 1975 - 84)

3) Vallée Douillet (les combles, vallée du Wargnier, chemin de l'Etoile) détection par Roger Agache (1964) d' enclos circulaires, tâches, lignes, points, traces d' enclos ou de retranchement rectiligne (diathèque n°6725-6728; Agache 1974 a, 63; Agache et Bréart 1975, 84)

4) les dix-huit lors de la prospection A16 (G.Prilaux, 1994). Sur le plateau, à 60 cm de profondeur gisement de la Tène matérialisé par 49 structures (fossés rectilignes, trous de poteau et fosses). La prospection a permis de découvrir également de la céramique du haut Moyen-âge.

5) près du lieudit "dessous le bois" détection par Roger Agache (1975) de tâches et d'enclos irréguliers (diathèque n°6750; Agache et Bréart 1975 - 84)

7 et 8) au lieudit "le rende Jacques" déjection par Roger Agache (1975) puis par la prospection A16 en 1991 (G.Prilaux et A; Bouvier, 1994) sur la plateau à 70 cm de profondeur découverte d' un habitat laténien matérialisé par des fossés rectilignes, des fosses et quelques trous de poteau. Découverte également de nombreux fragments de céramique non tournée et quelques éclats de matériel lithique. Ces prospections ont livré quelques indices gallo-romains ce qui pourrait confirmer la présence de constructions gallo-romaines détectées par photo aérienne. Ce site est dans le prolongement nord-ouest de (Agache et Bréart 1975, 84; Prilaux 1994; Bouvier 1994, 5-6; Bouvier 1995,153).

Prospections A16 (1991) sondage A16 (G.Prilaux, 1994) découverte sur le plateau à 70 cm de profondeur d' un habitat laténien matérialisé par 48 structures: fossés rectilignes, fosses et quelques trous de poteau. Ces recherches ont livré quelques indices gallo-romains (Prilaux 1994).

9) Prospection CIRAS (M et Y Duquef, 1987) découverte en fond de vallée de traces de fondations en craie sur environ 200 m sur 50 m et des morceaux de céramique gallo-romaine.

10) lieudit plaine d'Ailly lors de prospections de D.Boulanger (1994) découverte en rebord du plateau d' une petite villa gallo-romaine matérialisé par des tuiles, des moellons et des rognons de silex.

11) au sud du bois Flandre et près du n°10 ci-dessus détection par Roger Agache (1973) et prospection de D.Boulanger. Découverte d' une petite villa gallo-romaine orientée au sud-est matérialisée par des fondations de craie très apparentes (diathèque n°6742; Ben Redjeb 1995 a)

12) prospections de D.Boulanger. Découverte d'un écart gallo-romain matérialisé par une petite concentration de céramique (Ben Redjeb 1995 a)

13) les onze. Détection de Roger Agache (1964). Prospections de D.Boulanger (1988) découverte d'une petite villa gallo-romaine orientée au sud-est (diathèque n°6725, 6737-6741; Agache 1974 a, 63; Agache et Bréart 1975,84; Ben Redjeb 1995 a; Agache 1996)

Bibliographie: F Lefils.Géog.Hist et P des Communes de l' arrondissement d'Abbeville - 1868 P151

Au lieudit "le temple" traces de constructions... des vestiges de dallage ont été découverts par le soc d'une charrue.

Bibliographie: E.Delgove Notice sur Long et Longpré-les-Corps-Saints MSAP 17 1860 P425-426; Prarond 1867, 555)

Sur la crête du coteau (certainement le long du chemin d'Amiens) découverte d'une voie d'un kilomètre de long et large de 8 à 10 mètres. Elle se dirigeait d'est en ouest , en suivant la crête du coteau, en droite ligne sur le camp romain de L'Etoile. On la perdait en un lieu nommé la Trenquie, et qui effectivement est une tranchée bien conservée, qui faisait autrefois la séparation du Comté du Ponthieu et du Baillage d'Amiens

Bibliographie: A.Leduque, esquisse de topographie historique sur l'Ambianie (notre région), Amiens 1972 P79

B.SAINTES, stations préhistoriques: nouvelle découverte à Longpré-les-Corps-Saints, B.S.A.P, Tome XXXII, 1928 P474-479

E.PRAROND histoire de cinq villes et de trois cents villages, 4ème partie, Saint-Riquier , T1 P555 M.S.A.P, t11, 1839, P79 et T VI, 1843 P44

Dans le marais, sous le Directoire, découverte de haches en pierre,d'une épée gauloise, de deux coupes en belle poterie ornées de feuilles d' eau, d'un grand nombre de médailles et en 1803 une partie d'un magnifique groupe de bronze composé de lutteurs. Monsieur Morel de Camperville relate dans un article du bulletin de la Société d’émulation d’Abbeville (années 1834-1835 page 71) l’histoire de ces deux lutteurs… le combat d’Hercule et d’Antée.

Lors de l’hiver 1802-1803 monsieur Morel de Camperville fait l’acquisition d’une statuette de bronze trouvée à LONG sur les bords de la Somme qui représente un lutteur debout dans une attitude qui montre qu’il doit effectuer un geste qui demande beaucoup de force, malheureusement la statue n’a plus ses bras. Monsieur MOREL de Camperville montre cette statuette à monsieur TRAULLE qui lui en avait acheté une du même style et de même dimension, représentant également un athlète nu. Cette statuette avait été trouvée dans la vallée de la Somme, près de Cocquerel à une demi-lieue de LONG. Après avoir adroitement réuni ces deux pièces, leurs propriétaires ont pu convenir que l’ensemble devait représenter le combat d’Hercule, fils de Jupiter et d’Alémène, femme d’Amphytrion et d’Antée, fils de Neptune et de la Terre. Anté serré par Hercule tente de retrouver sa force en touchant sa mère. C’est pourquoi il est représenté avec une de ses mains dirigée vers la terre.. Mais il n’y arrive pas ; Hercule l’étouffe dans ses bras. L’attitude de ces lutteurs est remarquable et correspond exactement à la description du poète romain, Lucain, fait du combat d’Hercule et d’Antée.

Après plusieurs années de patience, Monsieur Morel de Camperville peut entrer en possession de la partie de ce groupe dont monsieur TRAULLE n’avait pas voulu se séparer. Il fait alors reconstituer l’ensemble. Par la suite, il le remet à son oncle, Monsieur Morel d’Arleu qui en fit don au Conservatoire du Musée Boucher de Perthes d’Abbeville en 1955. (l'histoire est relaté dans le bulletin de la Société d'émulation d'Abbeville , années 1834-1835 page 71.).

Bibliographie: E.Delgove MSAP 2ème s 7 P426-427 -Vasselle p 461 n°52 MSEA 4 - 1838-1840 P279 E.Delgove MSAP, 17 1860 P426 - Prarond 1867,555; Van Doorselaer 1964, 266-267; Delamaire 1993,39)

Sur le coteau (toujours le long du chemin d'Amiens, sur le coteau qui domine la rive droite de la Somme) : Vers 1850, découverte fortuite lors du défrichement d'une partie du bois, à proximité de la voie supposée romaine, d'une nécropole gallo-romaine et d'un vase contenant quantité de petites monnaies du Bas-Empire, contenant la sépulture d' enfants et renfermant des vases de terre rouge ornés d'arabesques; un squelette avec des fragments d' armure, une enseigne romaine c' està dire un chien en bronze long de 6 à 8 pouces posé sur un socle également en bronze et percée par le bas comme pour recevoir une hampe, ailleurs encore 4 squelettes enterrés à 4 pieds de profondeur, environ 1,30 m, d'une stature plus qu 'ordinaire, ayant entre les jambes et au-dessous des genoux un vase gallo-romain en terre ronde et sans anses. Non loin, il a également été trouvé un vase contenant de nombreuses petites monnaies du Bas-Empire.

Tous ces éléments nous démontrent sans aucune hésitation une occupation romaine.

Mais a-t-on vu passer les Huns dans notre Région ? l’histoire nous dit que ce peuple barbare et féroce a passé le Rhin dans les années 450 et qu’ils détruisaient tout sur son passage… rappelons-nous de leur chef Attila et de la fameuse maxime « où Attila passe, rien ne repousse ». Rien ne peut nous apprendre si notre territoire a eu à souffrir de ses méfaits. Ce qui est certain c'est qu'au cinquième siècle de nombreux peuples envahisseurs passeront par notre région, les Vandales, les Ostrogoths, les Wisigoths etc... le Nord de la France a souvent été le passage obligé des envahisseurs...

Plus certainement, nous pouvons penser que certains guerriers de l'un de ces peuples qui franchissent le Rhin vers les années 400 s’arrêteront à LONG. Ce sont les Francs…ils sont armés d’une hache, appelée francisque, d’où leur nom. Les Francs occupent le Nord de la Gaule romaine et sont divisés en plusieurs groupes. Dans notre région et jusqu'à la mer ce sont les Saliens. Clovis, l'un des leurs, est proclamé roi d’un petit royaume en 481. Il est seulement âgé de 15 ans. On dit de lui qu'il est courageux, vioent, brutal, mais également habile en politique. Il se marie avec une princesse chrétienne, Clotilde, nièce du roi des Burgondes, et se fait baptiser à Reims en 496. La religion chrétienne se propage à une grande vitesse et Clovis avec l’aide des Evêques, devient le roi de toute la Gaule.

Ce sera la dynastie des Mérovingiens (481 à 751)

Clovis et le vase de Soissons

Clovis meurt en 511laissant à ces quatre fils le royaume qu'ils se partagent. Childebert hérite du royaume de l' ouest et l'agrandit avec la Normandie et la Picardie. En 561 il devient le roi du tout le royaume mais à sa mort ses quatre fils se partagent à nouveau le royaume. La rivière Somme devient la frontière entre l'Austrasie au nord et la Neustrie au sud.

Les derniers rois de la lignée de Clovis, appelés rois fainéants connaîtront tout au long de leurs règnes un grand danger pour leur royaume. Nous nous souvenons néanmoins du sympathique Roi Dogobert et de St Eloi, évêque de Soissons. La vie dans notre région est difficile, les pauvres sont nombreux et les Gaulois, Romains et Francs essaient de cohabiter.

Le royaume est en danger mais heureusement un maire du palais, Pépin d'Héristal, devient chef des trois provinces d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne en 680. Son fils illégitime Charles Marrtel prend sa succession en 714. Cest lui qui réunira une armée de cavaliers qui repoussera les Arabes à Poitiers en 732.

Une nouvelle dynastie voit le jour, celle des Carolingiens. Charles Martel gouvernera pendant 27 ans sans être jamais Roi. En 741 son fils Pépin le Bref prend sa succession et se fait sacrer roi par Saint Boniface en 751et fait emprisonner le dernier Mérovingien dans un monastère. Son fils,le personnage le plus important de cette lignée, Charles 1er le grand dit « Charlemagne » (748-814) lui succédera. Charlemagne, grand guerrier, a conquit l’Allemagne, l’Italie et une partie de l’Espagne… Le 25 décembre de l’an 800, le pape le couronne Empereur. Pendant son règne, il développera l’agriculture, instaurera un pouvoir judiciaire et comme nous le racontait notre livre d’histoire « inventera l’école »… disons plutôt qu’il fera en sorte que les écoles se développent dans tout l’empire.

Charlemagne rendant une visite dans une école.

 

Charles II le chauve

Mais revenons à LONG… ce n’est qu’en 844 , sous le règne de Charles II le chauve (823-877) que l’on entend parler pour la première fois du nom de notre village: LONG. En effet en cette année 844, une charte donnée par Charles le chauve assure au monastère de Saint-Riquier la métairie de Langoratum, villam Langoratum. La Commune de Saint-Riquier ou plutôt Centule est à l'époque plus importante qu'Abbeville. L'abbaye a été fondée par Saint-Riquier qui après avoir été converti à la religion chrétienne et avoir évangélisé sa région et une partie de l'Angleterre, revient dans son pays pour créer cette Abbaye dans le village de Centule avant de mourir vers l'an 645. Quelques années plus tard dans une autre charte, il est question de LONGUM SUPERIOREM, c’est encore bien de LONG dont on parle.

Dans le livre de l’Abbé DELGOVE nous lisons qu’en 864 une guérison miraculeuse eut lieu en faveur d’un mendiant de LONG au tombeau de St Riquier (d’après les Bollandistes). Le village de LONG  existait avant celui de Longpré qui n’était qu’un démembrement d’une annexe de LONG. Longpré ne comptait que quelques maisons construites autour de son église et de son cimetière ST Martin. Notre beau village, LONG, tire donc l’origine de son nom du latin LONC-LONGUM SUPERIUS- LUNGAM-LONGO-LONGUS

Monsieur Paul DANTEN dit Victor, ancien Maire du village de 1965 à 1983, me disait que sa famille remontait peut-être au temps des Vikings.

Drakkar qui a peut-être remonté la Somme et passé dans Long

avec ses terribles guerriers

Monsieur LOO dans son livre "Racines Picardes" nous dit que c'est dans la seconde moitié du IXème siècle que se produisirent la plupart des attaques normandes dans la vallée de la Somme: sur Grand Lavier en 845 puis en 861; il nous dit également que la commune de Saint Valéry est incendiée en 859 par un groupe de pirates qui remontent jusqu'à Amiens et que quelques éléments iront même jusqu'à Noyon. Le reste de ces hommes se replieront vers l'estuaire et seront délogés de Grand Lavier en 861. Ces Vikings viendront encore dans nos contrées en 881, 883 et 890. Lors de ses recherches ,Monsieur LOO comptabilisera 17 incursions de quelques mois près de chez nous dont 8 extrêmement isolés sur le terrain.

En novembre 885 ces Normands assiègent une nouvelle fois PARIS sans pouvoir y entrer...ils sont 40 000 montés sur 700 barques. Grâce au courage des Parisiens encouragés par leur évêque Gozlin et par le comte Eudes ( qui sera élu roi de Francie occidentale de 888 à 898) ces Vikings sont contraints d'abandonner Paris en novembre 886 et vont s'installer à l'embouchure de la Seine. Cette terre leur sera donnée, elle deviendra la Normandie...

Après ces temps quelque peu difficiles, la vie sociale de notre village se met en place. De nombreux villages existaient avant les seigneuries... avant le régime féodal qui voulait qu'il n'y ait pas de terre sans seigneur. Tout appartenait au seigneur, la terre comme les hommes qui la cultivaient.

An 1100 : Le Père IGNACE, dans son histoire ecclésiastique d’Abbeville et de l’archidiaconé du Ponthieu nous parle de plusieurs documents où il est question de LONG. Par exemple, dans un acte de fondation faites à l’église collégiale de St Vulfran, en 1121, par Jean 1er , comte du Ponthieu figure la dîme de LONG, décinam de Long. Puis en 1138, le fils de Jean 1er, Jean donne aux chanoines le droit de patronage sur l’église de LONG, ecclésiam de Longo (la coutume voulait que le droit de patronage appartienne à celui qui avait construit l’église). En 1205 , Guillaume III, comte de Ponthieu par un 3ème acte de fondation confirme et augmente les donations précédentes. Mais il faut savoir qu’à cette époque la seigneurie de LONG appartenait déjà à la maison de Fontaines. Plus exactement à Guillaume de Fontaines, chevalier,  qui en 1119 était allié aux plus anciennes familles de Picardie. Son fils Aléaume de Fontaines , seigneur de Long et Longpé fut nommé mayeur d’Abbeville en 1185 (notons qu’Abbeville s’est dôté d’une charte l’année précédente par Jean, deuxième du nom, comte de Ponthieu) . Il était, dit le père Ignace, un homme bien catholique, d'un beau corps d'agréable aspect, d’un port majestueux, d'un visage élégant, de haute taille, adroit aux armes, brave et habile en guerre, et d’une grande piété.

Le roi Philippe Auguste qui avait une grande estime pour lui le désigna pour être l’un des principaux chefs de l’armée française destinée à faire partie d’une nouvelle croisade contre les sarrasins. Sa femme Lorette, fille du seigneur et Comte Bernard de Saint Valéry, faisait preuve de beaucoup de charité et elle apprit la médecine pour mieux soulager et secourir les pauvres. Elle fait construire à Longpré une église en l’honneur de Notre Dame en 1190 .   

     

sceau de LONG d'après Monsieur le Comte de Marsy.

publié dans le bulletin de la Société des Antiquaires de France

en 1867, page 57

Les armoiries des de Fontaines portaient d'or à trois écussons de vair, posés 2 et 1 (Abbé Delgove) ... voir également l'histoire d'Aléaume de Fontaines par BALUZE.

Aléaume de Fontaines repartit pour une 3ème croisade sous la conduite de Jean de Ponthieu, deuxième du nom, qui périt avec la plupart de ses barons sous les murs de St Jean d’Acre en 1191. Il continua à se battre avec les chevaliers laissés en Orient par Philippe Auguste. Il fut même l’un des chefs à qui le roi confia, à son départ, la conduite de l’armée française . Le 10 avril 1204 il était à la prise de Constantinople. Aléaume de Fontaines  mourut en 1205 sur une plage lointaine, victime de la peste. Son corps resta donc en terre sainte. Son aumônier Wibert rapporta des Saintes Reliques qui sont toujours dans l’église de Longpré-les-Corps-Saints. Richard de Gerberoy, évêque d’Amiens les dit authentiques le 4 août 1205. On peut aujourd'hui voir la statue d’Aléaume dans l'église de Longpré-les-Corps-Saints. Hugues, son fils, lui succèda. Dame Lorette (ou Laurette) continua à entretenir l'église de Longpré avec sa fille Marie. De plus Isambard et Gauthier, les frères d'Hugues (Huon sur certains textes) de Fontaine, donnèrent des revenus à l'église de Longpré. (dans le chapitre LXXIX de l'histoire eclésiatique d'Abbeville parlant de l'église collégiale de Notre Dame de Long-pré aux Corps Saints et de la réception des Saintes Reliques qui sont dans la dite église, on peut lire que cette translation de ces SaintesReliques de Constantinople à notre Dame de Long-pré fut le 4 août 1206... et que le chef du bienheureux précurseur Jean-Baptiste fut reçu à Amiens par Richard, Evêque d'Amiens. Page 412 de ce livre, on peut lire la longue liste des reliques données à Longpré... morceau de la croix, clou dont Jésus fut crucifié etc... dents de Saint Jean-Baptiste, de cheveux de la Sainte Vierge Marie, et bien d'autres reliques des apôtres etc...etc... plus d'une centaine)

Cette même année 1205, quelques morceaux de ces reliques furent donnés à Guillaume III , comte du Ponthieu et de Montreuil,, et mis à l’église de Saint Vulfran à Abbeville.

Au début du 13 ème siècle LONG qui portait le nom de ville possédait un château fortifié et un hôpital situé près de la rivière du moulin et c’est certainement à cette époque que le village a vu sa principale mutation pour voir ses maisons se construire sur le coteau, ce qui donne le village que l’on connaît aujourd’hui.

Il existait déjà à LONG une église. Le père Ignace, dans l’histoire ecclésiastique d’Abbeville et de l’archidiaconé du Ponthieu, nous donne connaissance de plusieurs documents dont il est question de LONG. Dans un acte de fondation fait à Saint Vulfran d’Abbeville en 1138 Jehan compte de Ponthieu donne aux chanoines le droit de patronage sur l’église de LONG . Un deuxième acte émanant de Guillaume III, aussi comte de PONTHIEU daté de 1205 confirme le premier et renouvelle en particulier le droit de patronage sur les églises d’Epagnette, de Fontaine et de LONG.

Si la date de la première des chartes accordées à LONG ne peut être fixée avec certitude, on peut, sans risque de se tromper, la situer au temps d’Hugues de Fontaine.Il se signale à Bouvines (commune du Nord sur la Marcq) en faisant prisonnier Simon, comte du Ponthieu. Philippe Auguste, soutenu par des contingents des communes y vaincut jean de Santerre, les seigneurs de Hollande et de Lorraine ainsi que l’empereur Otton IV (Allemagne) et ses alliés le 27 juillet 1214 (25000 soldats français contre plus de 40000 combattants du côté de Jean de Santerre). Philippe Auguste (Capétien) emporte là une fabuleuse victoire qui lui donne la prédominance sur tous les souverains d’Europe. Cette victoire entraîne contre Jean de Santerre une révolte des barons et de l’église d’Angleterre qui l’oblige à accepter la grande charte (1215), base des libertés anglaises.

Dès lors grâce à la nouvelle charte, les habitants du village se dotent d’un rudiment d’organisation communale et désignent leurs échevins. La commune est née... et la première chose à remarquer à LONG, c’est qu’il n’y avait pas de « serfs », ce qui était très rare au Moyen-âge. Non seulement le mot « serf » est inexistant dans tous les documents de l’époque mais les diverses charges qui pourraient déceler un homme privé de liberté morale ou personnelle ne s’y voient nulle part (explique Jean Loo dans son livre). Si ces libertés subirent quelques fluctuations lors de la guerre de cent ans, elles furent entièrement rétablies à la fin du XIVème et nos ancêtres n’éprouvèrent pas le besoin, l’histoire le prouve, de changer d’air et d’aller s’établir ailleurs .

Au début du 13 ème siècle LONG portait donc le nom de ville et possédait un château fortifié et un hôpital situé près de la rivière du moulin qui ne devait pas excéder 6 pieds de large (actuellement ruedu 8 Mai). Une donation de 40 sous faite par Eremburge de Cataigne avec le consentement de son époux Henri de Vincheneuil en 1235 à l’hôpital de LONG en atteste (manuscrit de l’hôtel Dieu de Saint Riquier) ; il existerait dans le bois de Long une fosse appelée « fosse Marie Vincheneux".

 

Le sceau de LONG existe depuis 1232. Le sceau d'Hugues de Fontaine, seigneur de LONG, est un sceau pendant qui était ainsi attaché aux documents par un lambeau de parchemin dédoublé (aussi appelé double-queue) ... sur la partie supérieure du sceau on distingue un cavalier chevauchant et sur le revers on peut voir un écu à trois écussons vairés comme sur les armoiries de LONG.

.En 1233 à la mort d’Hugues de Fontaine qui fut inhumé à côté de sa femme dans le caveau de l’église de Longpré. Aléaume de Fontaine hérite de la seigneurie de Long, Longpré, Neuville au Bois, Tristrat et autres lieux . Une autre église succède à celle du 12 ème siècle construite par le chanoine Eustache de Fontaine, devenu seigneur de LONG à la suite du décès sans postérité de son frère Jehan de Fontaine .

Avant 1274 à la mort d’Aléaume II de Fontaines, c’est l’Aîné WITASSE seigneur de LONG , Longpré et autres lieux qui succède à son père. En 1286 il déclara par lettre scellée de son sceau : que ceux d’Amiens, ses bons voisins, ne doivent aucun travers à Long, ainsi en sont francs pour toutes sortes de marchandises. Deux ans après il vendit à Edouard 1 er, roi d’Angleterre, et à Aliénor sa femme, qui avait eu en dote sa terre du Titre pour 1125 livres. En 1291,il fit don aux habitants de Longpré de 2 journaux de terre au lieudit les Castiaux. En 1292, Witasse de Fontaines fit la reconnaissance du droit qu’avait le chapitre de prélever certaines redevances dans le moulin de Longpré pour l’acquit des obits de ses prédécesseurs. La seigneurie de Long et Longpré passa dans les mains de Jean de Fontaines fils cadet (Witasse était chantree). Jean épousa Jeanne de Rouergue et il mourut sans enfant en 1301.

En 1301 Witasse ou Eustache de Fontaine devint ainsi malgré lui seigneur de Long et Longpré. Le chapitre d’Amiens le nomma arbitre dans leurs différents communs avec messieurs de la ville alors pendant à la cour du parlement. Il est qualifié dans cet acte : de noble et puissant et discret messire Eustache ; sire de Long, préchantre d’Amiens. On trouve encore sa signature dans le même cartulaire, en l’année 1300, sous la rubrique du 17 décembre . En 1301, il maria sa sœur aînée, Jeanne de Fontaine -à messire Jehan de Crésecques, Conseiller et chambellan du roi, et laissa aux deux époux le soin de choisir le vocable sous lequel serait dédiée l’église de LONG qu’il venait de faire construire. Ayant le même prénom, Jehan de Crésecques plaçait tout naturellement la nouvelle église sous le patronage de SAINT JEAN BAPTISTE qui est resté bien évidemment le saint patron du village. Sur le mur extérieur de cet édifice on voyait notamment trois écussons qui caractérisaient la maison de Fontaines. Les armes de la famille de Fontaines figuraient au XVème siècle sur le sceau de la commune. (en 1869, la Commune a voulu faire graver les mêmes armes sur le fronton de l'hôtel de ville tout récemment construite).

Entièrement bâtie en pierre du pays, elle se composait d’une nef de 21 m et était large de 11,70m, d’un chœur terminé en demi-cercle soutenu par des piliers très simples adhérents à la muraille. Plus tard on agrandit la nef en lui adjoignant un bas-côté, sur le côté Nord . Devenue bien trop petite pour la population du village, cette église était au XIXème siècle dans un grand état de vétusté. A l’exception du clocher, elle fut démolie au printemps 1844 mais nous découvrirons cela en son temps....

Le chanoine Eustache de Fontaines mourut le 23 juillet 1318, à un âge très avancé, laissant la seigneurie de LONG et Longpré à Jean de Cresecques époux de sa sœur ainée Jeanne de Fontaines. C’est par lui qui se TERMINA LA BRANCHE AINE DE FONTAINES.

Jean de Crecques eut deux fils Vitasse et Willaume. Vitasse de Cresecques succède à son père vers 1340. Deux ans après il échangea un demi-journal de terre contre deux journaux que son oncle Vitasse de Fontaines avait donnés aux habitants de longpré en1292 pour le même usage.

Vitasse de Cresecques fut témoin des graves événements qui troublèrent en son temps le silence des rives de la Somme, lorsque Edouard III, roi d’Angleterre, après avoir ravagé la Normandie, le Beauvaisis et l'Amiénois. Après avoir quitté Camps-en-Amiénois Edouard III a du faire face aux harcélements des troupes de Jean de Luxembourg, roi de Bohème et allié du roi de France, il décide de s'arrêter à Airaines le 21 août 1346 pour 2 jours. Il envoie des troupes vers Pont-Rémy pour essayer de passer la Somme où ils seront repoussés. Elles seront également repoussées au pont de Long bien garni et défendu au pont de l’Etoile et à celui de Picquigny. Le roi anglais ne quitta les bords de la Somme qu’après avoir réchauffé sa colère par l’incendie des villages de Longpré et Fontaines, pour aller, après avoir passé le 24 août 1346 au gué de Blanche Tache ou Blanquetaque, révélé par Gobin Agache originaire de Mons-enVimeu, de là attendre l’armée française dans la fatale bataille de Crécy le samedi 26 août 1346. (chroniques de Froissart, livre 1, partie 1 chapitre 276 et la bataille de Crécy par le Colonel PIERSON).

 

Vitasse, seigneur de Long, mourut vers 1350. Son fils, Jean de Cresecques hérita, mais mourut trois ans plus tard sans postérité. Son neveu Robert de Cresecques hérita la seigneurie et la vit presque aussitôt ravagée par la guerre.

L’armée française venait de perdre la bataille de Poitiers où le roi Jean fut fait prisonnier en 1356. . Cette défaite déclencha de grands désordres dans le pays et des compagnies d’aventuriers( Anglais, Navarrais, Brabançons etc…) pillèrent les routes et les campagnes, brûlant tout sur leur passage et torturant même les paysans. Des barons des seigneurs se mettaient à leur tête pour courir à des guerres d’aventure et opprimer les faibles En 1358 OU 13599 ces pillards, appelés navarrais parce qu’ils étaient engagés par Charles le mauvais, roi de Navarre, à peine délogés de Saint Valéry après 7 mois de siège, ils étaient poursuivis par l’armée du dauphin, lieutenant général du royaume pendant la captivité de Jean .Ils rencontrèrent Philippe de Navarre, frère de Charles, accourant à leurs secours avec un corps de 3000 hommes. Aussitôt les Dauphinois, désireux d’une seconde victoire, s’élancent sur les nouveaux venus. Mais ceux-ci, renseignés par la garnison chassée, rebroussent chemin, repassent la Somme à la hâte et se réfugient au château de LONG ( appelé forteresse Saint André). Les Dauphinois les suivent et préparent l’attaque du château pour le lendemain. Le connétable de Fiennes était là. Il pouvait être heure de vêpres, dit Froissart de nouvelles troupes arrivent de toute part, grossies par les communes voisines qui ont à cœur de venger sur les Navarrais l’incendie de leurs chaumières et la ruine de leurs champs. Mais comme ces communes ne pouvaient sitôt venir que les gens d’armes, ajoute le chroniqueur, l’attaque du château fut remise au lendemain. Philippe profita de ce délai pour s’échapper avec tout son monde, vers minuit, en silence, et sans faire noise, par les derrières de cette forteresse. Il avait déjà fait plus de 2 lieues sur le chemin du Vermandois quand les Dauphinois s’aperçurent de sa fuite. Ils s’élancèrent sur sa trace sans pouvoir l’atteindre. Cette défaite devint le signal des plus grands désordres. Le peuple s’indigna contre la noblesse qui ne savait que perdre les batailles et le génie révolutionnaire commença à se manifester en formulant ses conditions dans les états généraux de cette même année 1356.

Situé comme on peut le voir sur un point de passage de la rivière Somme, en ce pays de Ponthieu chargé d’histoire mais faisant l' objet de tant de convoitises, témoin de tant de batailles et d’invasions, le village de LONG a changé son implantation, quittant ainsi le marais et sa chaussée pour se rapprocher des murailles du château qui défendait l’accès au Nord de la Somme. Puis en des temps plus tranquilles, LONG s’est épanoui au flanc du coteau... continuant à exploiter les marais pour la culture maraichère, le bois .Les habitants extrayaient déjà la tourbe pour se chauffer et on pouvait voir les tourbiers tailler les fameuses "entailles" et emporter avec leur bateaux à fond plat les briques de tourbe. Mais ils se mirent à cultiver également les terres fertiles du plateau. Nos paysans y faisaient pousser l' avoine, l'orge, le seigle, le lin, le froment et même le houblon . La vie au village s’organisait ainsi au rythme des saisons.

Notre célèbre maxime prend tout son sens à cette époque... LONG , GRANNE EGLISE, BIEU CATIEU, S’TETE DIN CHES CAMPS , SES PIEDS DIN L’IEU... qui se traduit en bon français par LONG, grande église, beau château, sa tête dans les champs, ses pieds dans l'eau. Même si ce n'était pas le même château ni la même église...

Mais revenons à l'histoire de ce village...Robert de Cresecques qui avait épousé Marguerite de Poix, le 19 février 1360 déclare par lettres authentiques que, comme vrai fils de l’église, il ne veut aucun droit de justice seigneuriale sur les maisons du chapitre de Longpré qui étaient au nombre de 12.

Puis LONG va voir une nouvelle fois s’accomplir dans son enceinte un événement important. Le désir de recouvrer la liberté après quatre années de captivité, a fait signer au Roi Jean (Jean II le Bon) le 8 mai 1360 le traité de Brétigny qui donne le Sud Ouest de la France à Edouard III d’Angleterre et qui replace le comté du Ponthieu sous domination anglaise. Des lettres du monarque en date du 12 avril 1361 informent les Abbevillois qu’ils redeviennent sujets anglais . Mais dans la prévision de ces événements et afin d’ôter aux Anglais et aux Navarrais tout moyen de s’établir dans le Comté, ils avaient fait démolir les châteaux dont celui de LONG. Les seigneursen cas de besoin aurait recours auprès du mayeur de la commune d’Abbeville.. Les longivois (sic) affligés démolirent le château et coupèrent donc le pont. Toutefois pour prévenir toute réclamation de dommages et intérêts,Les communes avaient demandé des lettres d’abolition au roi Jean, qui, heureux de la liberté recouvrée, accueillit leur requête à son passage à Abbeville, le 16 novembre 1630, déclara même qu’ils avaient bien agi et qu’ils ne pourraient pas être inquiétés à l’avenir .

Le château de LONG fut reconstruit par Robert de Cresecques quelques mètres plus haut en 1361, mais ce nouveau château n'avait plus les attouts d’une forteresse . Avec ce troisième château fut également reconstruit le second pont.

Pont au sujet duquel, en 1362, les seigneur et dame de Picquigny obtinrent, (dit la Morlière dans le recueil des maisons de PICARDIE) lettres du roi Charles Quint (Charles v, fils de Jean, régent de France) adressées au Bailly d’Amiens Jean barreau, seigneur de Saint Maurice sur Loir, pour faire condescendre à la raison le seigneur de Cresecques et de Long qui depuis quelque temps avait fait bastir un pont sur la rivière de Somme audit village de Long, dont les bancs, estocs, ou piliers estoient si près l’un de l’autre que les grosses barques n’y pouvoient pas passer ; et d’outre plus prenoit cinq sols d’amende des nautonniers, qui passans par dessous heurtoient contre les dits piliers, au grand préjudice du Roy, dont les aydes diminuoient le trafic n’allant plus, du public qui en recevoit de grandes incommodités, et des dits complaignans seigneur et dame de PICQUIGNY… si que par sentence dudit Bailly, visitation faite, le pont fut dessis, l’arche élargy iusque à dix-sept pieds et demy au lieu des treize et demy qu’il contenoit, aux dépens du seigneur de Lonc et de ses sujets.

Les seigneurs avaient l’habitude de barrer avec des chaînes les ponts ou les rivières pour faire payer un droit de passage. Le seigneur de Long avait sa barrière tant sur l’eau que sur terre au pont du village. Dans un aveu de 1689 il est indiqué : item, droit de travers tant par eaux que par terre, et pour les marchands passant entre les prés tant pour le Ponthieu que pour le Vimeu, à peine de 60 sols payés d’amende pour lequel droit de travers des routiers, menant vivres, doivent dire pour leur travers un patenostre à la crois de Long, quand ils passent. Et tout cela malgré l’interdiction du Roi Philippe II en 1219 ,

Robert de cresecques se montra bienveillant pour le chapitre de Longpré comme son oncle Witasse, et continua à autoriser de prendre pour le revenu temporel 35 journaux de terres labourables sises à Long que sur 10 journaux de prés dits prés des chapelains dans le marais et 30 livres de censives. Le fief du village de Long était tenu au terme de la St Rémi par une paire d’éperons et 60 livres ou environs et à Noël par 38 sous, 446 chapons, 39 poules et deux paires d’éperons de fer. Le peuple commençait à s’émanciper et réclamait de toute part, le rétablissement des anciennes libertés et franchises communales. Déjà grand nombre de villages avaient obtenu des chartes municipales, mais ce ne fut , à ce qu’il paraît, qu’en 1379, qu’eut lieu le rétablissement de la commune de Long, qui s’était sans doute laissé confisquer ses anciennes libertés, car un aveu de 1386 dit qu’à cette date la commune était déjà de création ancienne. Les seigneurs de LONG avaient donc octroyé aux habitants certaines franchises, cessions ou remises qui devinrent une coutume locale. Nous n’avons pas retrouvé l’original de cette charte qu’on voit reproduite dans tous les aveux servis depuis aux seigneurs : En voici les extraits puisés (M.de Boubers)

1 er les droits de notre mère sainte église, dudit seigneur, et de la dite communauté réciproquement gardés, et des seigneurs qui y ont seigneuries sous luy, dans toute l’étendue de la seigneurie de Long et de ses annexes, doivent avec nous les dits habitants et communauté perpétuellement, franchement et paisiblement demeurer et reposer, tant de corps que de biens, dans la dite ville de LONG et hameaux, en payant les droits, cens et droits d’aide au dit seigneur et ses successeurs seigneurs du dit Long, dans les trois cas quy suivent, et durant la vie d’un chacun seigneur, savoir : cinquante livres parisis, lorsque son fils aisné est fait chevalier ; lorsqu’il marie sa fille aisnée ; ou pour racheter son corps de prison de guerre.

2ème : Il doit y avoir audit Long six échevins lesquels se renouvellent chaque an, au jour du bois bourdy, autrement appelé le dimanches des brandons, quy est le première dimanche de carême. Et avant de sortir, les anciens de l’année dernière en font le dit jour deux, les autres habitants aussi deux, et les quatre élus ou nommés font les deux autres, tels qu’ils veulent, à choisir au dit Long ou hameaux. Les dits six échevins s’en vont se présenter au seigneur, s’il est au dit lieu, sinon à son bailly ou lieutenant, et ne se peuvent refuser, s’ul n’y a certaine suspicion ou cause légitime. Le dit seigneur, ses bailly ou lieutenant font jurer et faire serment aux dits échevins de garder les droits de l’église, du dit seigneur et de la dite ville et communauté des dits Long et hameaux. Doivent les dits échevins rendre compte chacun an de leur administration par devant le dit seigneur, ses bailly ou lieutenant. Ne peuvent les échevins faire assiette dans le dit lieu de Long, sinon pour les affaires d’icelle ville, et encore avec le congé et licence du dit seigneur, ses bailly et lieutenant.

3 ème : Peuvent les échevins faire jurer les habitants quy voudront profiter des droits, privilèges, et franchises de la dite communauté, toutes fois qu’il leur plait, qu’ils garderont aussi les droits de l’église, ceux du dit seigneur et des dites ville, hameaux et communauté. Peuvent les dits échevins faire un sergent des hommes du dit Long, tel qu’il leur plait choisir, pour eux assembler, et pour tous les droits et profits de la dite ville garder, sans néanmoins que le dit sergent puisse connaître de la juridiction. Peuvent encore les dits échevins élire deux d’entr’eux tel qu’il leur plait, pour d’autant mieux les dits droits et communauté, lesquels deux échevins sont tenus de faire et prester le serment accoutumé par devant le dit seigneur, son bailly ou lieutenant. Aura le messier ou sergent le thier des amendes allencontre des deux autres thiers quy appartiendront, l’un au dit seigneur, et l’autre à la dite communauté.

Si aucun des dits habitants jurés commettait mal, savoir injure, excepté laid fait, qu’entendons sang et plaie ouverte, le dit seigneur et officier ne peuvent mettre la main sur iceluy délinquant ni sur ses biens, mais l’injure et lefait doivent être jugés par les dits échevins, suivant l’ancienne coutume du dit lieu de Long, s’il est ainsi déterminé par la même coutume, sinon par celle de la ville d’Abbeville.

4 ème : Le prévôt, autrement sergent du dit seigneur au dit lieu de LONG, doit faire et prester le serment, et être reçu par le dit seigneur et son bailly, et non par les échevins, à l’effet de faire par luy tous les ajournemens du dit lieu de Long et hameaux ;

si aucun des dits jurés fait clameur devant le dit prévôt, et iceluy veut le prolonger, son droit de clameur viendra par devant le bailly, et les dits échevins, et par eux sera jugé, sauf le droit du dit seigneur et son dit prévôt.

5 ème : Ne peut le dit seigneur de long prendre ni faire prendre gage es maisons des dits jurés, excepté pour les cens qu’ils luy doivent, sans les dits échevins ou sergents d’icieux.

Le dit seigneur ou autres ne peuvent prendredans les dits village et hameaux aucun venel, c’est à dire aucune marchandise, sans argent ou sans gage, fors par la grace du vendeur.

Les vassaux et tenant féodalement du dit seigneur doivent aider aux besognes de la dite ville… à savoir de cent livres, dix livres.

6 ème Les dits jurés doivent faire faire la fermeture de pelle et de verge suffisante, et quand besoin sera, et lorsque le dit seigneur le requerre, de la porte Fourquet de Condé quy fut descendant à l’eau quy vient de Rad de fosse.

7 ème : Est tenu le dit seigneur de faire à ses dépens et entretenir l’arche du milieu du grand pont sur la Somme, aussy bien que l’arche du milieu du pont du molin à bled, avec les chaussées ou couvertures desdittes deux arches ; le surplus des chaussées et voyes publiques du dit Long, la fermeture de la ditte ville, avec les chevets et surplus desdits deux ponts, aussy bien que le pont entier de la rivière des Planches, sont en la charge de la ditte communauté.

8 ème : Quiconque le seigneur veut affranchir en icelle ville, faire le pourra, sauf les droits et coutumes de la même ville.9 ème : Maisons ne doivent être abattues pour méfait, ni aucun juré banni des dites villes et hameaux pour dettes, ou pour forfait.

14 ème : il doit y avoir au dit Long mesure à blé et à l’avoine, avec poids et marques, aux jauge et poids de la ville d’Abbeville, et doivent les dits échevins faire trouver, savoir : boiceau, demy boiceau, et les donneront à garder à quy il leur plaira, et en a le dit seigneur les mesurages et profits.

15 ème : Il peut et doit y avoir au dit Long scel grand et petit, aux armes de Long, et dont les dits échevins ont la garde, et scellent d’iceux tout ce quy est fait et passé devant eux, avec salaires raisonnables qu’ils en reçoivent ensemble, des chirographes, contrats, procurations, et actes de justice à eux afférants.

16 ème : Si audit Long il advient délit et débat, demeslé ou laid dit,le fauteur échoit en quinze sous parisis d’amende dont le dit seigneur a la moitié, la dite ville cinq sols, et le prévôt les deux autres sols six deniers.

17 ème : Si le dit seigneur fait tenir dans ses prisons aucun juré du dit Long, et les dits échevins le requièrent, le dit seigneur le doit rendre aux dits échevins, sans pouvoir le refuser du moins par caution, si ce n’est qu’il soit prisonnier pour vilain cas, et aucun crime et emende extraordinaire.

18 ème : Les vins qu’on vend ou vendra dans la dite ville de Long, le prix et l’affeur y sera mis par le dit seigneur, et de chacune pièce aura son droit d’afforage, de celuy à quy le vin est et appartient, et des vins, cervoises et autres menues breuvages, le dit seigneur doit aussi avoir son droit, néanmoins seront afforés et les taux mis par les dits échevins.

19 ème : Doivent les dits habitants faire retenir frocqs, puisoirs, et puits du dit Long à leur coust, et ainsy qu’anciennement a été fait et usé.

Par cette charte les habitants de LONG avaient obtenu de nombreux droits et privilèges. Ils étaient administrés par leurs élus ou mandataires qui jugeaient les plaids des bourgeois, toutes les fois qu’il y avait lieu. Le mot Commune était même devenu chez eux un mot puissant et sauveur, car si un bourgeois ou juré refusait aide et assistance à quiconque avait crié Commune, il était puni par les échevins (Louandre Histoire d’Abbeville). Mais si les seigneurs de Long ont concédé à cette époque aux habitants une charte de commune et un droit d’échevinage, il n’est pas prouvé que la même concession a été faite à ceux de Longpré. Après avoir quitté leur commune pendant les guerres, les habitants de Longpré rentrèrent chez eux mais ils avaient compté sans les habitants de Long qui bien loin de fêter leur retour, leur suscitèrent de nouvelles altercations, en excipant contre eux de leur interruption de jouissance, pour les déclarer déchus de leurs droits de pâturage en commun dans les marais concédés par Aléaume de Fontaine en 1236. Les habitants de Long les empêchèrent de mettre leurs bêtes dans le marais. Ce qui donnera pendant des siècles des conflits connus sous le nom des "prés volés.

Robert de Cresecques mourut vers 1400… Il laissa un fils unique prénommé Robinet (on célébrait le 10 décembre à Picquigny le chef de Saint Robert de Cresecques … était-ce lui ?). Robinet de Cresecques fut donc héritier de la seigneurie de LONG et de Longpré et épousa la dame Liénor de Jumelles. Ce fut de son temps que les Anglais revinrent encore troubler la paix des rives de la Somme, sous la conduite de leur roi Henri V, le plus redoutable rival de la France. Le 13 octobre 1415, ce prince campe à Bailleul avec l’intention de forcer le Pont Remi. Mais, trompé dans ses efforts comme l’avait été un demi-siècle auparavant Edouard III, il échoue également comme lui dans l’attaque du pont de Long, et se retire sur Airaines, soulageant sa vengeance par l’incendie de Longpré et des autres villages qu’il rencontre sur sa route, prenant hommes et emmenant grandes proies, dit Monstrelet, jusqu’à la plaine d’Azincourt,, non moins fatale à l’armée française de Charles VI que celle de Crécy.

Bon de Cresecques, fils aîné de Robinet succède à son père Robinet dans la seigneurie de Long et Longpré. Il avait épousé Marie-Jeanne de Harcourt, sœur germaine de Jean de Harcourt, évêque d’Amiens vers 1331. Il eut un fils Jean et une fille Marguerite qui épousa messire Martin seigneur de Rely.

En 1415, Henri V roi d’Angleterre, ayant débarqué en Normandie, s’efforça de passer la Somme. Ayant tenté vainement de forcer le gué de Blanquetaque, il vint camper le 13 octobre à Baïeul dans l’intention de prendre le Pont-Remy ; repoussé là aussi le 14, il descendit vers Long, dont le duc de Vendôme, alerté , avait fait fortifier les abords. Henri V se présenta le 15 octobre devant le pont de Long et y fut vigoureusement accueilli ; la bataille dura tout le jour mais le pont resta entre les mains des défenseurs. Les anglais se retirèrent sur Airaines brûlant au passage Longpré et Bettencourt « prenant homes et emmenant grandes proies » ;

Jean de Cresecques , fils de Bon hérita donc de son père la seigneurie de Long et Longpré. Il avait épousé d’après le père Ignace la dame de Fromenhen, nommée Bonne de Frémessant dans les archives du Chapitre. Il n’eut de cette union qu’une fille, du nom de Jeanne, qu’il maria à Jean de Croy vers 1590, et à laquelle il donna sa seigneurie par acte passé à Hesdin le 24 mai 1489.

Avec lui se termina la branche des aînés de CRESECQUES qui avaitt possédé la seigneurie de LONG de 1318 à 1489 soit près de 200 ans.

Longpré aurait obtenu le 5 juin 1483 de Jean de Croy et de Jeanne Cresecques le renouvellement de sa charte communale (il n’existe aucun acte authentique et les copies sont très certainement fausses (les dates ne correspondent pas au temps où Jean de Croy était seigneur de LONG !!!) Longpré dans son procès contre Long pour l’obtention des près volés s’en servit… des lettres attribuées au même Jean de Croy quoique portant une date plus ancienne d’un siècle, le 15 mai 1383, ont été également revendiquées comme un titre par les habitants de Longpré. « pour ces causes et autres à ce mouvants, iceux privilèges et franchises, dons et octroys et consentements faits par nos dits antécesseurs aux dits habitants de Longpré, touchant la dite communauté et chasse des dits pâturages dessus déclarés pour leurs dits bestiaux et autrement, avons loué, confirmé et approuvé, et par la teneur de ces présentes, louons, confirmons et approuvons, et les avons eu et avons agréables, et voulons qu’ils sortissent leur plein et entier effet au profit des dits habitants de Longpré et qu’iceux habitants et leurs dits bestiaux jouissent entièrement les dits paturages comme dessus déclarés ». L’Abbé Delgove déclare son peu de confiance dans ces écrits, copie que refusa l’avocat de Long remarquant que le style et l ‘écriture en étaient récente et que la date indiquée est antérieure de cent six ans à Jean de Croy et que cette copie est écrite sur du papier et non sur parchemin comme c’était l’usage. Enfin les armes de Croy que porte chaque feuillet sont surmontées d’une couronne au lieu d’un casque. Or on sait que ce ne fut qu’après Henry IV qu’on substitua une couronne au casque.

Jean de Croy, duc d’Havré était conseiller et chambellan du roi d’Espagne. Il a fait une déclaration sur l’original des biens et revenus de l’Hôtel-Dieu du village de LONG. C’était une maladrerie sous le vocable de Saint-Nicolas. La chapelle était dotée de 200 livres pour l’acquit de deux messes par semaine. (Manuscrit de Masclef et Riencourt). Jean de Croy, chevalier seigneur de Roeux, Baurainberg, Long, Longpré, Hangest etc..  était le fils cadet de messire Antoine de Croy, comte de St-Porcien, à qui Louis IX fit don du Comté de Guines, par lettres patentes de septembre 1461, et frère puiné de Philippe de Croy, comte de St-Porcien , époux de Jacqueline de Lusembourg, chambellan héréditaire de brabant, seigneur d’Airaines, mort en 1511 (ses armes qui étaient d’argent à trois fasces de gueules, écartelées de Cresecqyes et de Renti, se voyaient incisées dans l’une des murailles de l’église de LONG.)

Jean de Croy eut trois fils et une fille : Ferry de Croy qui fût après lui seigneur de long et Longpré ; Jean seigneur de CRESECQUES, Philippe homme d’église, Iolande mariée à Claude de Bandosse seigneur de Moulins en Lorraine.

Ferry de Croy était déjà en 1505 seigneur de LONG et de longpré, Hangest et autres lieux. Il fut comte de Roeux, chevalier de la Toison, grand maître d’Hôtel de l’Empereur Maximilien et grand maréchal de ses armées. Il épousa dame Lamberde de Brimeu, fille du seigneur de Humbercourt, comte de Méghen. Ferry de Croy mourut le 17 juin 1524. En 1529 sa veuve contribura à payer la rançon du roi françois 1 er pour la somme de six livres.

Ferry de Croy eut 3 fils et une fille. L’aîné fut Adrien, seigneur de Roeux, qui mourut sans postérité, le 5 juin 1553. Le cadet, Jean qui suit fut seigneur de FROMEHEN. Le 3 ème avait pour prénom Eistache et devint évêque d’Arras; il mourut en 1538. La fille s’appelait Marie.

Jean de Croy qui avait épousé Marie de Recourt, survécut à ses deux frères. Il fut seigneur de Long, Longpré, Hangest-sur-Somme, Beaurain, Wiry, Doudelainville, Marcheville, Wirimont,Wirival, Métigny, Blangy-les-Normandie, Folimprise, Oschy etc… chevalier, comte de Roeux, chambellan du roi d’Espagne et capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances du roi. Il contribua à la rançon de François 1 er pour 38 livres, 2 sous, 6 deniers. C’est lui aussi qui fit reconstruire à la fin du XVIème siècle le clocher de LONG, renversé par la foudre le 14 juillet 1554. (  une inscription était d’ailleurs inscrite au bas de la Tour qui a disparu aujourd’hui) : c'est une tour rectangulaire en pierre avec contreforts aux angles; une de ces tourelles contient un escalier qui conduit au premier étage dans une pièce où il y a une cheminée (peut-être cette pièce était-elle occupée par un guetteur ou un sonneur) puis aux cloches et enfin au pied de la flèche de forme octogone avec des arrêtes ornées d'une moulure torique, dépourvue de crochets sans doute usés aujourd'hui par l'erosion.

 

« en l’an mil chinq cens cinquante quatre

au mois de juillet proprement

le quatorzième jour sans débats

vint un orage véhément

lequel par un trez grand tourment

de foudre, tempeste et tonnoire

la flèche abattit razement

de ce clocher chose notoire »

C’est sous le règne de François 1 er( 1515 – 1547) ou d'Henri III (1547-1552) que la tenue des registres de l’état civil fut obligatoire. Au cours du XVème siècle le clergé avait bien par-ci par-là relevé des faits relatifs à l’état civil des personnes mais il n’en existerait pas sur LONG. La société féodale allait se servir du modèle de la rome antique pour enregistrer les actes de l’Etat Civil ; 3 noms, ce qui va donner l’ajout d’un autre prénom, nouvel élément distinctif. (Le livret de famille vit naissance lors du 19 ème siècle. )

En 1550 la Commune comptait 500 habitants et les tourbages étaient déjà en cours.

Le 1 er avril 1562, les échevins de Long servirent à Jean de Croy un aveu dont nous donnons ci-dessous un extrait. L’original de cet aveu est sur parchemin et la copie en a été faite immédiatement puis elle fut lue aux habitants de LONG et Catelet qui l’ont acceptée dans toute sa teneur. Messieurs Colar Lédevin et Christophe Lointier furent les notaires rédacteurs. (L'Abbé Delgove indique que les marais et pâturages, tenus alors pour une livre de poivre, représenteraient vers 1860 une valeur de 3 à 4 millions de francs). Une terre située entre Long et Longpré était même tenue pour un chapeau de roses, une autre pour un étoeul ou petite balle servant au jeu de paume; une autre encore pour la prose du jour de la chandeleur qui devait être copiée proprement et apportée au seigneur le matin du jour de la fête.

Voici donc un extrait de ce texte: page 56 (cet aveu de 1562 a été signé également par Jacques Moinet, Nicolas Carpentier,, Nicolas Monsselet, Eristine Gamin, Jean Ivonet, Jehan de Longuet échevins de LONG), en son article 28 la charte prévoit que si  " aulcun du dehors vient demourer en la dite ville et voeuille avoir mazure et estre du nombre des dicts jurez, moi, dict seigneur, lui pourra donner en la cauchie(chaussée du Catelelt) et distes pastures, lieu raisonnable et un journel de pré derrière icelle mazure ». ce texte tend à prouver que Long réservait à l’époque un accueil favorable aux paysans d’outre terroir qui désiraient s’installer à LONG et montre que le village était situé en grande partie le long de la chaussée du Catelet.

L’aveu qui vient d’être cité avait d’abord été présenté à Christophe de Bluttefière, écuyer, seigneur de la Haye, premier échevin d’Abbeville en 1561, alors bailly et garde de la justice, terre et seigneurie de Long, Longpré Hangest etc…, qui refusa de la recevoir. Etant mort peu de temps après il fut remplacé par Jehan Gallet, licencié es lois et avocat au siège présidial de la comté et sénéchaussée de Ponthieu qui se montra moins difficile et reçu l’aveu le 24 avril 1566. A la suite de l’acte de réception quelques omissions faites sont réparées.

Jean de Croy, comme ses frères, sans enfant mourut vers 1570. Sa sœur Marie était morte avant lui le 6 juin 1546 et avait reçu en dot quelques temps auparavant de son frère aîné Adrien les terres de Long, Longpré, Hangest etc… dont elle ne devait jouir qu’après la mort de ses autres frères Jean et Eustache.

Le cartulaire de Longpré nous apprend qu’Eustache était encore seigneur de Long en 1606. Cette même année il fit à Saint Omer, lieu de sa résidence, un bail à ferme de la maison seigneuriale de long et des revenus de ses autres terres et seigneuries, moyennant 12324 livres. Une clause de ce bail portait spécialement que le sieur Moitié, preneur, serait tenu de faire layer et abattre par ses soins les trois journaux de basse-futaie que le chapitre avait droit de couper chaque année pour son chauffage dans le bois de Longpré, afin de laisser lesdits trois journeux de bous suffisamment estallonnés.

Avec Eustahe finit la branche des Croy (de long) qui possédèrent cette seigneurie depuis 1489, c’est à dire plus d’un siècle. Marie de Croy sa sœur était morte ; comme nous l’avons dit longtemps avant lui.

Adrien de Boulainvilliers, époux de Marie de Croy, que Monsieur La MORLIERE nomme Philippe, descendait de Charles seigneur de Boulainvillers vicomte d’Aumale et de Marie de Bourbon fille de Louis comte de Roussillon amiral de France en 1466. Adrien de Boulainvillers (Philippe ??) fut vicomte de Dreux et baron de la Coudraye. Il portait fasces d’argent et de gueulles de huit pièces. Il eut pour fils Adrien de Boulainvillers, vicomte de Dreux. Adrien de Boulainvillers épousa dame Charlotte de Saveuse, fille aînée d’Imbert de Saveuse, bailly d’Amiens, maître des requêtes de l’hôtel du roi François 1 er qui l’envoya dans ce pays pour fixer les limites de la Picardie et de l’Artois. IL eut deux enfants Daniel et Judith laquelle fut mariée au sieur de Soulerre.

C’est à peu près à cette époque qu’on voit les échevins de Long assignés à la requête du procutreur du roi, à l’effet de fournir les titres et concessions en vertu desquels ils jouissent la dite communauté des communes, pastures et usages étant au dit lieu (près volés).

Texte : (à transcrire)

En 1589 le duc de Mayenne vaincu à Arques par Henri IV battit en retraite vers l’Artois ; une partie de ses soldats passèrent la Somme à LONG, pendant qu’un détachement tint garnison au château pour disputer le passage aux vainqueurs, qui d’ailleurs ne se présentèrent pas.

Le 17 décembre 1594 (Louandre) le Roy Henry IV voulut visiter les villes de l’Artois et de la Flandre. Il se rendit à Amiens en voiture où il s’embarqua sur une gribane avec laquelle il descendit la Somme. Il passa à LONG et s’arrêta à Pont Rémy où il dormit au château. Le lendemain les magistrats municipaux d’Abbeville reçurent le Roy à une demi lieue de la ville. Henri IV reprit le lundi matin la barque qui l’avait amené et regagna Amiens par l’eau.

Le 16 juin 1625 c’est un nouveau cortège royal qui traverse Long par la route royale (rue de l'Etoile - rue de la poissonnerie). En effet Henriette-Marie sœur de Louis XIII, qui avait épousé le 11 mai 1625 par procuration le roi d’Angleterre Jacques 1 er, accompagnée par Marie de Médicis, Anne d’Autriche et une grande partie de la cour ainsi que le duc de Buckingham amoureux de la reine de France Anne d’Autriche, quittèrent Amiens pour se rendre à Boulogne par abbeville pour se rendre en Angleterre. (le mercure François)

Daniel de Boulainvillers vicomte de Dreux baron de la Coudraye succéda à Eustache de Croy dans la seigneurie de Long et de Longpré. Il épousa dame Madeleine Halluin, delaquelle il eut entre autres enfants dont les noms nous sont inconnus, Abraham de Boulainvillers. Le 22 mai 1628 les échevins de Long lui ont servi, au nom des habitants un aveu absolument identique à celui de 1562. Mais rien ne prouve qu’il ait été reçu ni même signifié. Daniel de Boulainvillers gentilhomme ordinaire du Roi, mourut en son château de la Coudraye en Vimerais le 24 novembre 1630. Il fut inhumé dans les caveaux de l’église de Longpré.

Abraham de Boulainvillers son fils chevalier vicomte de Dreux baron de la Coudraye devient après lui seigneur de Long Longpré Hnagest et autres lieux. Le 14 janvier 1631 il reçoit un aveu comprenant les terres appartenant à l’église de LONG. En voici le titre :

Dénombrement des terres appartenantes à l’église de Dieu et de M. St Jehan Baptiste de LONG que font les marguilliers, échevins et habitants du dit Long, à haut et puissant seigneur messire Abraham de Boulainvillers, chevalier , vicomte de Dreux, baron de la Coudraye, seigneur de LONG, Longpré, Han,gest et autres lieux. Le premier article porte : avouant la dicte église este bastie sur le fief de mon dit seigneur, néanmoins titres amortis. Puis suit la désignation des pièces de terre, avec les droits de censives de chacune d’elles. Au bas de cet acte on lit un reçu écrit tout entier de la main de ce seigneur, et qui est terminé ainsi : fait à Longpra (sic) el quinzièem janvier mil six cent trente et un.

Un autre aveu semblable lui est servi le 21 avril 1634; en voici le dernier article: Pour lesquelles terres les marguilliers, échevins et habitants de Long, présentent à mon dit seigneur la personne d’Alexandre Tillier à homme vivant et mourant. Tesmoings nos seing cy mis, le vingt et unième jour d’apvril mil six cent trente quatre. Cet aveu a été reçu en ces termes : J’ay soussigné rescu Alexandre Tillier, lequel l’on m’a présenté pour home vivant et mourant pour l’esglise de Long et aultre, la some de quarante et une livres 12 sols, sur et en tant moins des droits de relief à moy deubs par ycelle dicte esglise, à cause de la mutassion d’homme, yceulx quarante deux livres douze solz payés par les mains d’Antoine Daulte le jonne, avet les censives deubs par la dicte esglise pour l’année mil six cent trente trois. Fait à Longpra sans préjudice de plus s’il a trouvé qu’estre deub, le vinguniesme apvril milsix cent trente quatre signé : A. DE Boulainvillers. (livre de l'abbé Delgove)

Un autre récépissé, écrit également de la main de ce seigneur pour une autre mutation d’homme, est daté de Long le 22 novembre 1642.

En 1639 le village de Long , sans défense à cette date, fut pillé par les troupes du Maréchal de la Meilleraie.

Le 22 juin 1658 dans un acte de mariage on peut lire que Pierre de Cailly était échevin de LONG.

Quant à Abraham de Boulainvillers, il mourut vers l’an 1656, terminant ainsi la branche des BOULAINVILLERS qui possèda la seigneurie de Long et Longpré pendant un peu moins d’un siècle. L'abbé Delgove dans son livre ajoute que se voyant sans postérité, il n’avait point eu à prendre souci de l’avenir et s’était laissé aller à d’assez grandes dépenses qui avaient amoindri l’héritage reçu de ses pères. Aussi sa terre et seigneurie de Long était-elle grevée de dettes, quand elle échut par sa mort à sa nièce Anne de Dangueulles, épouse de Philippe de Montigny. Celui-ci qui possédait déjà les terres et seigneuries de Montigny, Sours, Ponessant, le Verger etc … y ajouta donc celles de Long et Longpré etc… Philippe de Montigny était chevalier, conseiller et maître d’hôtel ordinaire du Roi, gouverneur pour sa majesté des ville, château et citadelle de Dieppe et forts en dépendants. Il mourut peu après et son épouse garda quelques temps encore la seigneurie de LONG et Longpré. L'abbé Delgove nous apprend encore qu'elle eut avec ce chapitre de ce dernier lieu une discussion assez vive à l’occasion de la collation des bénéfices des deux chapelles de St Nicolas que le chapitre revendiquait comme fondateur des dits chapelles en 1212. la dame de Montigny porta le différent à la barre du parlement et en obtint un arrêt qui lui donna gain de cause.

En 1689 Guillaume de Montigny, vicomte héréditaire de Dreux, seigneur de Montigny, Perreaux, Ponessant, Bauchen, Fontaine l’hermite, Sours, Chandres , Brétigny, Sochevile, Luce, Fresne en Dunois, Baron de la Coudraye, fils de Philippe, succéda à sa mère dans la seigneurie de LONG et Longpré. Il avait épousé une dame Cannet et vivait la plupart du temps à LONG.. Le 4 novembre de la même année, il servit au seigneur de Labroye un aveu et dénombrement de sa terre et seigneurie.

L'année suivante le 2 juillet 1690 les échevins de Long présentent à Guillaume de Montigny un aveu par Me Adrien Vignier, avocat au parlement et alors bailly de la seigneurie de LONG. Cet aveu dans lequell les habitants de LONG continuent à se déclarer co-propriétaires des marais cédés par Aléaume de Fontaines est substantiellement le même que les deux précédents. Guillaume de Montigny y est qualifié Chevalier, vicomte de Dreux, seigneur de Montigny, Perreaux, Ponessant, Beauchen, Fontaine L'Hermite, Sours, Chandres, Bretigny, Socheville, Luce, Fresne en Dunois,, baron de la Coudraye, seigneur chatelain de Long, Longpré et autres lieux.

Le 5 juillet 1689 le roi Louis XIV avait fait une déclaration et le 23 janvier 1691 son conseil prit un arrêté en vertu desquels toutes les communautés habitants de la Picardie ont été imposées au droit de nouvel acquet, pour raison de leurs marais communaux ; Le rôle fut dressé par l'intendant de Picardie et les deux communautés de Long et Longpré furent obligées de payer chacune par moitié le nouvel impôt établi sur leurs marais communs. Cette déclaration de taille donna occasion à l'aveu que les échevins de Long servirent le 2 juillet 1691 au seigneur Guillaume de Montigny et dans lequel ils se disaient seuls propriétaires des marais imposés. (prés volés) . Les deux communautés imposées collectivement au droit de nouvel acquet pour raison des marais en question et à cause de 17 ans et demi de jouissance, payèrent chacune par moitié 84 livres 17 sols et 6 deniers pour les 97 journaux du marais Saint Nicolas, et 41 livres 2 sols 6 deniers pour les 47 journaux du marais du Catelet.

Cette décision administrative bien qu'elle ne tranchât pas la question de fond, était conforme aux prétentions des habitants de Longpré qui ne manquèrent pas d'exciper plus tard de ce paiement en commun et d'y puiser un argument en leur faveur contre le droit de propriété exclusuve que Long s'arrogeait sur ces mêmes marais. (MANUSCRITS de MM.de Boubers et Gayet).

Le 15 juillet 1692 Guillaume de Montigny reçut par Me Adrien Vignier, bailly de la chatellenie de Long, l'aveu et le dénombrement de 54 journaux de terres, aires, et masures appartenant à l'église du dit lieu et produisant censives, poules et chapons.

Vers la même époque l'évêque d'Amiens fit la visite de son diocèse et enregistre les détails suivants sur la paroisse de LONG, du doyeneté d'Abbeville :

Patron de l'église : le chapitre de Saint Vilfran (fondation de Jean II comte de Ponthieu en 1138) seigneur de LONG : M. de Montigny, baron de la Coudraye ,Décimateurs : le commandeur de Beauvoir, M. du Hamel-de-Villechien pour 500 livres le curé et le chapitre de Saint VULFRAN ( fondation de Jean 1 er comte de Ponthieu en 1121) Revenu de la cure : 330 livres et huit setiers de blé. Revenu de la fabrique : 37 setiers de blé 34 livres d'argent et 103 livres de rentes.

Nom du Curé : Nicolas Barrangue, d'Abbeville

Nombre de communiants : 415

Puis le prélat constate qu'il existe à Long une chapelle que l'on appelle l'hôpital Saint Nicolas en si mauvais état qu'on n'y peut faire office sans décoration ni ornement, récemment profanée par les bestiaux, et jouissant d'un revenu de 190 livres sans qu'on acquitte les charges. Monsieur le chevalier de Rancy natif d'Amiens en était en possession comme chevalier de Notre-Dame du Mont Carmel. Plus tard cette chapelle devenue castrale fut pourvue d'un chapelin. En 1737 ce chapelain avait nom Paul Duval ; il eut pour successeurs MM. De Maisons et Lottin et en 1784 François Meurice, ancien curé de Barentin. A cette époque, Saint Vincent de Paul avait réorganisé l'église, redonné au prêtre une image plus religieuse, créé des hôpitaux, etc… avait-il également permis à LONG de se doter de cette maladrerie ? Quand à la maladrerie de LONG, appelée alors Hôpital Saint Nicolas, elle ne fut inféodée à aucun autre établissement. Le seigneur a sans doute excipé pour sa conversation de l'article 3 de la délibération du 24 août 1693, et justifié de ses droits, car des manuscrits postérieurs à cette époque nous montrent cette chapelle Saint Nicolas devenue chapelle castrale, desservie par un chapelain et dotée même un peu avant 1789 de rentes suffisantes. Ces biens ont été vendus pendant la révolution. Et LONG, moins heureux que Longpré n'a conservé de sa maladrerie que le souvenir.

En 1689 le droit de passage au pont de Long et sur la Somme existait toujours.

LONG comptait 715 habitants en 1696. La Commune de LONG était plus importante que celle de Longpré .(statistique de monsieur de Villers de Rousseville procureur du roi pour la recherche de la noblesse de Picardie).

Guillaume de Montigny ne gêra pas mieux son patrimoine que son oncle maternel Abraham de boulainvillers. Il augmenta encore les dettes qui chargeaient déjà la terre et seigneurie de LONG. Il fit des dépenses inutiles et ruineuses, laissant à son fils Joseph un bien mauvais héritage. En effet Joseph de Montigny, chevalier, capitaine de cavalerie de Berry, recueillit, après la mort de son père Guillaume, un lourd héritage vers l'an 1696 lorsqu'il devint seigneur de Long, Longpré etc… de plus, Joseph de Montigny avait à peine pris possession de sa seigneurie qu'il lui fallut lutter pour en conserver les droits. Les habitants de Longpré, pour le moulin, et les habitants de LONG suspendant pour un instant leur querelle au sujet des marais, font cause commune contre le seigneur. Le 5 avril 1698, la cloche publique les rassemble à l'encontre de Charles Lesergent, sieur de Bernaville, comparant comme procureur spécial de messire Joseph de Montigny dans le but d'établir les bases d'une transaction entre eux et le seigneur, relativement au droit que ce dernier s'arrogeait de faire extraire de la tourbe à son profit dans les marais communaux. Par cet acte, Charles le Sergent, sieur de Bernaville, au nom de son maître, fait cession et abandon du droit en litige, et les habitants de Long, de leur côté, concèdent à leur seigneur en toute propriété 20 journaux à prendre à savoir : 6 journaux dans les marais leur propriété exclusive et 14 dans les marais contentieux (prés volés). Cette transaction consentie par tous les habitants de Long et signé par leurs syndic et échevins porte dans la clause finale : à la charge par le seigneur de Long, et à quoi le dit sieur de bernaville son fondé de pouvoir s'oblige expressément de faire agréer, ratifier ces présentes par les habitants, corps et communauté du village de Longpré, pour ce qui regarde les 14 journaux. Cette transaction reconnaît les droits et la copropriété des habitants de LONG sur les marais contentieux et va leur fournir un argument dont ils se prévaleront plus tard. Le 22 juin 1698 les habitants de Longpré ratifièrent la transaction et le 8 novembre de la même année Joseph de Montigny donna aux actes passés par son procureur spécial une approbation complète et absolue (manuscrit de M. GAYET de Long). LONG et Longpré continuèrent à s'opposer longtemps concernant les dits "prés volés" et l'usage du moulin de Long.

En 1698, Joseph de Montigny se voit contraint, pour pouvoir payer les dettes que lui avaient léguées son grand oncle et son père, de vendre les terres et seigneuries de LONG et Longpré. Les chanoines qui avaient eu à se plaindre de la dame de Montigny, son aïeule, laquelle les avaient dépossédés judiciairement de la collation des deux chapelles vicariales de Saint Nicolas, ne manquèrent pas d'y voir une punition divine.

La famille de MONTIGNY n'occupa donc la Seigneurie de LONG et Longpré que pendant environ 30 années.

L'acquéreur fut Honoré de Buissy, vicomte en 1698 , d'une famille originaire du Cambrésis, depuis longtemps établie dans le Ponthieu, et maintenue dans sa noblesse d'extraction par arrêt du Conseil d'Etat du Roi, en date du 24 juin 1758. Honoré de Buissy, chevalier, seigneur de Buissy, seigneur châtelain de LONG, Catelet, Boufflers, Ligecourt et autres lieux, portait d'argent à la face de gueulles, chargée de trois fermaux d'or. Capitaine des chasses du comte d'Artois. Il avait épousé en 1692 Marie Marguerite de Fuzelier, qui mourut le 12 janvier 1705, après avoir fondé un obit annuel pour elle dans l'église collégiale de Longpré. Il ne tarda pas à la suivre dans la tombe le 4 septembre 1712. De son mariage naquirent : Honoré-Charles son successeur, Jacques devint chanoine puis vicaire général d'Arras, un autre fils dont le nom nous est inconnu, qui fut chevalier, seigneur du Catelet, mousquetaire de la garde ordinaire du Roi, et quatre filles, mortes sans alliance .

A cette époque une petite rivière prenant son origine à la Somme au lieudit « le trou Madame » traversait le marais de LONG et le Catelet , et allait verser ses eaux dans celles du marais de Fontaines. Elle faisait mouvoir au « trou madame » deux moulins à huile, construits par permission du seigneur en 1709. Cette rivière n'existe plus. Le manoir sur lequel étaient construits les moulins était encore chargé de cinq pots d'huile de cens annuel, en 1789 (registre terrier de la seigneurie).

Le 1 octobre 1711 le chapitre de Longpré s'assembla pour renouveler son ancien cartulaire, et faire l'inventaire tant des reliques renvoyées de Constantinople par Aléaume de Fontaines, que du mobilier,, des terres, des revenus et des droits qu'il possédait . Ce cartulaire avait été renouvelé en 1392 et en 1513. Il serait trop long d'en donner la liste (page 75 du livre de l'Abbé Delgove). Ce que l'on peut noter: dans le deuxème état du revenu doyen : champart de 150 livres au terroir de Forceville, paroisse d'Oisemont, avec charge de remettre à la fabrique de l'église collégiale 4 setiers d'avoine, 27 setiers de sel sur les salines de Noyelles etc…) Et les deux chapelles vicariales de Saint Nicolas, l'une dextro choro, et l'autre de sinistro, fondées par le chapitre, en 1212 partageaient entre elles : le fermage de 6 journaux d'aure à Longpré, 48 livres à Wanel, avec charge de 2 chapons, 80 livres sur Vieulaines. Elles avaient chacune une maison, et imposaient l'obligation de la résidence et de l'assistance au chœur. Les deux chapelles de Saint Matthieu, fondées par Robert de Crésecques en 1355, partageaient également : 540 livres de fermage sur 95 journaux de terre à LONG, et 10 journaux de marais nommés prés chapelains et 30 livres de censives. Outre la résidence et l'assistance au Chœur , elles imposaient l'obligation aux chapelains de célébrer chacun 4 messes par semaine pour les fondateurs , et une autre alternativement pour Jean 1ern compte du Ponthieu.

En 1719 existait à Long plusieurs brasseries qui exploitaient les cultures d'orge et de houblon du terroir.

Honoré Charles de Buissy qui avait hérité de son père la seigneurie de LONG, Longpré, Le Catelet, Hurtevent, Boufflers, Hauconnay, Ligecourt etc…eut avec son chapitre d'assez graves différents, quoique Jacques son frère en eût fait partie. Il lui intenta un procès en 1722 à l'occasion des droits honorifiques qu'il disait lui être dus en sa qualité de seigneur fondateur. Le chapitre pour mettre fin au procès, déclara par une délibération prise en commun accord qu'il était disposé à rendre au seigneur de Buissy les mêmes honneurs que ceux qui étaient rendus à monsieur le Duc de Chaulnes par son Chapitre de l'église collégiale de Picquigny. Le seigneur de Buissy accepta et la paix fut faite.

Honoré Charles de Buissy avait épousé en premières noces le 3 juillet 1730 Marie Madeleine d'Hollande, fille de François d'Hollande, seigneur de Friancourt, Béthencourt-Rivière etc…qui mourut à Versailles, sans postérité. Trois ans plus tard, le 27 février 1733, il prit pour femme en secondes noces, Thérèse Geneviève, fille de N.Ravot d'Ombreval chevalier, seigneur d'Ombreval et de la Guérinière, avocat général à la cour des aides à Paris, puis maître des requêtes, lieutenant général de police de la ville de Paris, puis maître des requêtes, lieutenant général de la police de la ville de Paris, intendant de Touraine, et de Thérèse Gabrielle Bréau . Ce fut en cette même année qu'il fit construire le château de LONG. (Ce serait le 4 ème château qui fut construit à LONG . Un premier château vraisemblablement en bois y fut édifié ; les francs en avaient construit partout. Une véritable forteresse de pierre remplaça au XII ème siècle sous la seigneuries des comptes de Fontaine le précédent édifice. Construite au bord de la rivière, en même temps que le premier pont du village dont elle commandait l'accès, elle fut une des plus redoutables de la vallée et plusieurs fois entre les mains des ennemis inquiéta la capitale du Ponthieu ou au contraire résista victorieusement aux envahisseurs en 1346 ou en 1358 par exemple). Monsieur GOZE (dans son volume 7 de ses manuscrits) nous dit qu'un nommé BRIZEUX ,architecte parisien, serait l'auteur de cette jolie construction qu'est le château. Monsieur GOZE explique également que les jardins sont en amphithéaâtre, et qu'on y voit des terrasses avec des restes de tours qui sont l'emplacement d'un ancien château fort. Jusqu'en 1773, la famille de Buissy ont eu en même temps la seigneurie de LONG et de Longpré.

 

dessin de Monsieur DEMAGNY d'après une photo de Jean TRANCART

 

La bonne harmonie rétablie entre les habitants de LONG et le seigneur ne fut que de courte durée. De nouvelles contestations surgirent à propos d'un aveu de dénombrement des biens afférents à la Loi et commune de LONG, présenté par elle le 28 septembre 1738, et refusé par le seigneur, comme contraire et préjudiciable aux droits de la seigneurie reconnus par les anciens titres. M.de Buissy était alors maire et commandant pour le roi de la ville d'Abbeville.

En 1741, sans doute reconstruit plusieurs fois le pont fut une nouvelle fois refait en bois, monté sur pilotis et composé de trois travées dont une seule large de dix-huit pieds servait à la navigation ; la collatétale nord reservée aux batelets ; celle située au midi, utilisée seulement par les gribanes halées de la rive. Il avait une largeur de 4 m environ et le seigneur prélevait un passage dessus et dessous un droit de péage mais que les villageois pouvaient remplacer par « un patenostre à la croix de Long quand ils passent ». Le fort courant dû à une dénivellation considérable de 3 m 10 dans la traversée du village, dont la pente la plus rapide se trouvait justement aux abords du château où la rivière est étranglée. Il fallait 60 hommes pour haler une gribane chargée à cet endroit, ce qui causait de grands dommages aux structures du pont.

En 1745 M. de Buissy rachete la redevance du moulin moyennat 200 livres de rente foncière et viscérale.

Après une lutte ardente et longue on songeait à entrer en accommodement. Le dimanche 4 avril 1745, à l'issue des vêpres, la communauté de LONG s'assembla pour déterminer les conditions d'après lesquelles ses échevins seraient autorisés à traiter avec le seigneur de Buissy, et le 7 août suivant les parties firent la transaction dont voici l'abrégé :

Texte de l'abbé Delgove : En considération des remises et abandons ci-dessus faits par les habitants de LONG et dépendances, au profit dudit seigneur de Long, celui-ci a fait et accordé aux dits habitants les cessions, remises et affranchissements qui ensuivent : premièrement, il a renoncé pour lui, ses successeurs et ayant cause, au profit de la dite communauté, au droit qu'il avait en sa qualité de seigneur, de bailler à cens à chaque particulier venant de nouveau s'établir audit Long, une masure en la chaussée (chaussée du Catelet avec certitude puisque les autres chemins s'appellent chasses) dudit lieu, de grandeur raisonnable, avec un journel de pré derrière icelle masure, à prendre dans les communes dudit lieu, promettant de ne jamais user dudit droit, et en faisant toutes cessions au profit de la dite communauté .

1 er la communauté de LONG cède et abandonne en toute propriété au seigneur 30 journaux de communes dans le marais du Catelet et 5 autres dans le marais de Vieulaines. Elle lui reconnaît le droit de charrier à travers les Communes , fruits, grains et récoltes, sans payer aucune chose pour cette faculté, elle s'engage à ; lui payer pour censive chacun au jour de noël une livre de poivre ou six sous pour la valeur, et ce pour toutes les communes, droits et choses dites en la présente transaction, etc…

2 ème  : De son côté le seigneur cède à la dite communauté les prés de Longuet, renonce pour lui et ses successeurs au droit de bailler à cens une masure (une masure comprenait un journal et demi ; en cette année 1745 trois journaux de marais ne furent vendus que 3200 francs) avec un journal de pré derrière elle, à quiconque venait s'établir à LONG ; restreint les corvées infinies et illimitées à une seule annuelle et personnelle par chaque feu (foyer), tant de bras que de chevaux et charrettes à deux chevaux seulement, exigible hors le temps des semailles et de moisson ; et affranchit les habitants de la banalité du four et du moulin, etc…

En 1748, 26 enfants et jeunes gens âgés de moins de 20 ans sont morts dans le courant de l'année sur un total de 37 décès. En 1749, l'année suivante, sur 39 décès enregistrés, 29 concernaient des enfants de 1 à 3 ans.

Le 31 décembre 1754 Monsieur de Buissy, seigneur de Long, supprima le droit de péage par terre sur le pont de Long et par eau sous ce pont par Arrêt du Conseil d'Etat du Roi.

Au mois d'octobre 1757, monseigneur de la Motte vint à Longpré et fit des règlements pour réprimer les abus au sein du chapitre. Il établit des amendes pécuniaires destinées à punir le défaut de résidence. L'année suivante, le chapitre se vit contraint de payer les arrierages qu'il devait pour décimes et en garantie desquels tous ses biens avaient été saisis.

En même temps que le seigneur de Buissy met fin ainsi à ses différents avec la communauté de LONG, il consent également par une transaction passé à Abbeville à réunir au corps du chapitre de Longpré la quatrième et la neuvième prébende, de sorte que les chanoines se trouvent réduits à dix de douze qu'ils étaient auparavant Il rachète en outre du chapitre les divers droits et dîmes, champarts, censives, et autres, que ses devanciers ont accordés ou laissés introduire à la charge de la seigneurie .

En 1758 une nouvelle fois le pont est reconstruit, toujours en bois, mais il comportait cette fois une culée nord en maçonnerie de briques établies sur pilotis.

Henri Charles Honoré de Buissy mourut au château de LONG le 15 septembre 1762 et fut inhumé dans le caveau de l'église de Longpré. De son mariage avec Geneviève Thérèse Ravot d'Ombreval sont issus Honoré Charles mort en bas âge, Charles François Gabriel mort jeune égalemen, Pierre qui deviendra seigneur de Long, Jacques Honoré mort jeune, Marie Thérèse Adélaïde, mademoiselle de LONG, mariée à monsieur Dufrène, chevalier, seigneur de Fontaine, morte sans postérité, Marie Charlotte Gbeviève, mademoiselle de Longpré, mariée à son cousin Paul François de Buissy, chevalier, vicomte du Mesnil ; mademoiselle de Buissy qui épousa le marquis d'Elbée, capitaine des grenadiers du Roi, chevalier de St Louis.

Pierre de Buissy , né en 1743, chevalier, officier au régiment des gardes françaises, capitaine des chasses de monseigneur comte d'Artois, chef et seul mâle de sa branche, devint donc seigneur de LONG et Longpré. Il avait épousé Anne-Elisabeth de Gaudin. Il ne conserva pas longtemps dans son intégralité l'héritage paternel. Forcé par la nécessité, il démembra sa belle seigneurie par la vente de la terre de Longpré qu'il fit, le 13 juillet 1773 à Jean François, marquis de Louvencourt, seigneur de Béthencourt Rivière, Courchon, Beaupré, de Villieux-les-pas, St Léger, Hainevilleet autres lieux, ancien officier du régiment d'infanterie du roi.

Le 3 février 1768 Pierre de Buissy contresigna un acte de vente de Charles Dieu (maison qui se trouvait rue du 8 mai à la place des maisons de monsieur ROULLE Dany au n°7-9).

Un aveu et dénombrement de 1771 et 1772 fait par les époux du Liège à Monsieur de Buissy, seigneur de LONG et Longpré donne une description des familles de la région fort intéressante... voir le livre paru sur Longpré écrit par Emile GALLET. Le 13 juillet 1773, Monsieur de Buissy, seigneur de LONG et Longpré a cédé la terre de Longpré à Monsieur le Marquis de Louvencourt. Monsieur GOZE rappelle que les seigneurs de LONG et de Longpré avaient pour suzerain le seigneur de Labroye.

Les manuscrits du château de LONG auraient passés dans les mains de Monsieur Jean MASSON et ceux de Monsieur GAYET, ancien Maire de LONG n'ont pas été trouvés dans la succession, dommage pour notre histoire patrimoniale.

Le vicomte Pierre de Buissy eut de son mariage une seule fille, qui avait pour prénom : Anne Charlotte Elisabeth née le 5 mai 1770. Dix-sept ans après , en 1787, il mourut à Paris à l'âge de 44 ans laissant à sa fille unique sa seigneurie de LONG, bien amoindrie hélas ! par la vente de la terre de Longpré. Il faut supposer que l'importante dépense qu'a du entraîner la construction du château de LONG en est la principale cause .

Le marquis de Louvencourt, acquéreur de la terre et de la seigneurie de Longpré n'en jouit pas lui-même bien longtemps. Il mourut en 1781 en son château de Béthencourt-Rivière à l'âge d'environ 39 ans et fut inhumé auprès des anciens seigneurs, ses prédécesseurs dans le caveau de l'église collégiale. Son testament contenait un legs de 150 francs de rente à perpétuité au chapitre à prendre sur les terres de Longpré.Il ne devança que de 3 ans dans la tombe sa femme Marie-Françoise Joséphine de Vignacourt, décédée le 22 septembre 1784 et âgée de 38 ans.

En 1776, il y eut un grand incendie à LONG (voir article paru dans le n°91 de la Gazette de France du 11 novembre 1776) (primitivement la gazette fondée par Théophraste Renaudot en 1631 ; d'abord hebdomadaire puis quotidien. Il cessa de paraître en 1914.) ; En voici le récit : « on écrit de Long en Picardie sur les bords de la Somme que l'été dernier un incendie considérable menaça le village au milieu de la nuit et qu'un nommé J.Fr JOLY, voyant une maison qu'il avoit fait bâti l'année précédente en proie aux flammes ; mais s'apercevant aussi que de la grange seigneuriale encore intacte dépendait la conservation du Village entier, arrêta ses fils qui l'entrainoient vers la maison et leur dit que c'étoit à garantir le bâtiment qu'ils avoient sous les yeux qu'il falloit s'attacher, puisque le salut de tous en résultoit ; aussitôt il les guide, prend une échelle et monte avec eux sur le toit de cette grange , où ils passent la nuit à y étouffer les étincelles et à faire tomber les charbons que l'activité des flammes lançoit continuellement sur cette couverture en chaume. Ainsi voyant leur patrimoine se consumer près d'eux, ils se dévouèrent généreusement à un travail qui devait conserver au moins deux cens maisons, et qui en effet arrêta le progrès de l'incendie »

Le 28 janvier 1784 conformément à la lettre de Monseigneur le comte d'Agay, intendant de la province de PICARDIE en date du 24 janvier , Nous Charles François Alexandre Legrand, docteur en médecine de Montpellier, agrégé au Collège royal de cette ville, professeur royal de chirurgie et de l'art de l'accouchement,médecin du roi pour les maladies épidémiques sommes transportés à Long sur Somme. « La maladie qui y sévit est une péripneumonie putride inflammatoire dont il est mort 55 personnes jusqu'à ce jour. Le traitement qui convient doit consister dans l'usage des saignées dans le commencement, plus ou moins rapprochées, l'émétique, aussitôt le relachement des purgatifs, les incisifs et les vésicatoires lorsque le point subsiste. Nous avons établi pour suivre ce traitement le sieur Modeste Bellard (médecin du village (ancêtre de monsieur Jean Bellard qui a beaucoup écrit sur Long dans les années 1980). Il mourut 80 personnes dont 31 enfants de moins de 20 ans à Long en 1784, soit 3 fois plus que la moyenne..

Tombe de la famille de Boubers - de Buissy dans le cimetière de LONG

Dame Anne-Charlotte Elisabeth de Buissy de LONG, seule héritière de la seigneurie, épousa le 22 avril 1789, messire Amédée Charles Marie, compte de Boubers –Abbeville-Tunc, et transporta ainsi , par alliance, la terre de LONG dans une nouvelle famille. La famille de Buissy ne l'avait possédée que près d'un siècle ; de 1698 à 1789 .

En 1789, LONG a du écrire son cahier de doléances qui devait dénoncer les abus et proposer des réformes... Malheureusement nous n'en avons trouvé aucune trace... je pense que ce cahier devait être écrit avec un langage très modéré comme dans beaucoup de communes... Nous verrons par la suite que le Conseil municipal de LONG a souvent crié "Vive le roi" ou "vive l'empereur" en fonction des évènements...

En exécution d'un décret de l'assemblée nationale promulgué par lettres patentes du Roi en date du 18 novembre de cette année 1789, la déclaration de la cure de LONG fut faite le 10 février 1790 par le titulaire au bureau de la chambre municipale. En voici l'abrégé :

1 er un neuvième du dixième dans tout le terroir, contre le commandeur de Beauvoir, qui en a six et le chapitre d'Abbeville, deux ;

2 ème six neuvièmes, tant en terres qu'en prairies décimales, depuis la base de la rivière des planches jusqu'au bout du terroir terminé par le hameau du Catelet.

3 ème quinze journaux de terres, lesquelles terres et dîmes ci-dessus produisant 450 livres et 10 setiers de blé muison ;

4 ème supplément d'ancienne taxe pour pension, payé par le commandeur de Beauvoir, 50 livres ;

5 ème une livre 10 sous de surcens sur deux maisons ;

6 ème une parcelle de dîme prairien estimée à 30 livres ;

7 ème Presbytère et jardin.

Suivent les charges :

Le même jour, déclaration faite par le chapitre de Longpré de 40 journaux et demi de terre sur LONG, produisant 60 setiers de blé muison, et chargés de cinq obits annuels.

Quatre jours après, la déclaration des biens de la chapelle castrale de St Nicolas de LONG faite par l'abbé messire Honoré de Buissy, qui en était le titulaire. Elle porte 776 livres de revenus de terres et dîmes, et pour charges une messe à acquitter les dimanches et fêtes dans la chapelle, plus l'entretien de la maison et d'un petit pont par lequel on communiquait du village à la prairie.

Le 28 du même mois, déclaration des deux chapelles de ST Matthieu de Longpré. La première qui avait pour titulaire Nicolas Isodore MOREAU, chanoine de St Etienne des Grés à Paris jouissait de 672 livres de revenus sur 41 journaux de marais situés sur LONG, avec charge de 202 livres et quatre messes par semaine. La seconde, possédée par Emilien Bourdon, vicaire général de Macon n'avait que 630 livres de revenu de même nature et aux mêmes lieux, et pour charges que 182 livres, et le même nombre de messes.

Le 2 mars 1790, déclaration de la fabrique de l'église de LONG ; total du revenu :1097 livres 3 sous ; charges 817 livres 4 sous. Le 14 mars 1790 déclaration du chapitre de Saint Vulfran. Revenu en dîmes sur LONG485 livres ; charges :78 livres et part proportionnelle dans les réparations du chœur de l'église.

Le 31 août 1790 l'inspecteur des communes constatait à LONG 250 journaux de marais, dont 91 avaient été tourbés Le village comptait alors 1300 habitants.

En 1790 Pierre FRANCOIS Sébastien Danten donna 12 sols à la quête de la constituante.

La commune de LONG est restée très calme pendant ces moments mouvementés de la révolution Française et les habitants restèrent très tolérants. Ils hébergèrent même des réfugiés fuyant les provinces plus agitées: en voici les noms:

Marquis de Valensart (Belgique) décédé à LONG le 26 octobre 1794 (5 brumaire an 3) François Léonard LEROY

Monsieur Pierre Joseph d'Aubigny logé chez Martin Joly du 9 avril 1792 au 5 vendemiaire an VI soit le 26 septembre 1797.

Monsieur François LEONARD Le Roy, son épouse née de Fougières et leurs 4 enfants chez Aléxis Plé du 2 avril 1792 au 2 messidor an VIII soit 21 juillet 1800. François Le Roy est enterré à Long. Marquis de VALLENSART décédé à LONG le 26 octobre 1794 (5 brumaire de l'an III)

Charles Arthur Jean Tristant Languedoc-Noailles-poix, fils de Philippe Louice prince de Poix chez le citoyen Moignet du 5 avril 1792 au 20 fructidor an V soit 06 septembre 1796. (Pierre Moignet deviendra Maire en 1808).

La famille Hugues, de Marseille, hébergée depuis le 7 février 1792 chez le citoyen Bellard, chirurgien. Le certificat de domicile délivré par la mairie le 30 brumaire an III dit que les événements malheureux occasionnés par l'effervescence révolutionnaire, les ont déterminés à fuir leur domicile pour se soustraire aux vexations et persécutions dont ils auraient pu être victimes.

Jean Baptiste Drillet-LAMIGOU, rentier, né à Morlaix, logé chez Aléxis Plé (le fils, qui sera maire en 1817) de novembre 1796 au 16 messidor an VIII soit le 4 juillet 1800. L'intéressé s'e'st marié à Long le 19 brimaire an IX avec MARIE Joséphine Dumaisniel, d'Airaines.

Comment vivait l'instituteur à cette époque

Voici dans la réception en date du 28 févier 1790 les charges d'un instituteur public, du nom de Charles Adrien Marie Couvreur, postulant magister à LONG :

•  faire la classe du 1 er octobre jusqu'à la Madeleine

•  faire le catéchisme tous les jours et la prière du soir et matin en son école

•  faire le petit salut des écoliers tous les jours devant l'hôtel de la vierge

•  sonner tous les offices, le trépas tous les vendredis, l'angélus trois fois par jour, celui du matin à 4 heures

•  sonner et faire le catéchisme tous les dimanches

•  se rendre à tous les offices pour les chanter

•  balayer l'église une fois par semaine, je jour du samedi

•  disposer les ornements convenables à chaque fête et aux temps

•  carillonner les cloches toutes les bonnes fêtes et offices d'obligation.

•  Porter l'eau bénite dans toutes les maisons de la paroisse trois fois l'an , à savoir : Pâques, la St Jean Baptiste et Noël

Il est juste de reconnaître qu'on lui laissait la liberté d'usage du reste de son temps, et que ce bougre de Charles Adrien trouvait sur place les moyens de meubler ses maigres loisirs, si l'on se réfère à la plainte déposée contre lui le 30 mars 1791 par les sieurs : Heudré, curé ; Robillard, vicaire ; Plé, procureur de la commune pour s' être comporté au mépris de ses obligations, de la manière la plus indigne et la plus scandaleuse : fréquentation de cabarets, insultes au cours des offices et menace de mort. Le sieur Couvreur a, en outre, par stratagème et pendant l'absence de monsieur le Curé, séduit la domestique qui avait vécu très sagement pendant vingt ans avec lui, et ce corrupteur a enlevé cette malheureuse et l'a supplantée (sic) dans la misère la plus profonde. Quoi qu'il en soit, Charles Adrien Couvreur assurait toujours ses fonctions à la rentrée 1791. Il épousa marie Charlotte Bilhaut dont il eut un fils le 11 janvier 1794 22 nivôse an II.

La famille de Boubers porte d'argent à trois écussons de gueules, posés 2 et 1 et cri :Abbeville. Le comte Amédée Charles-Marie était au service dans le corps royal des carabiniers commandés par Monsieur, depuis le roi louis XVIII, lorsque la révolution éclata, il émigra et fit partie de l'armée dite des princes dans la campagne de 1792.

Un seul incident notoire d'origine révolutionnaire vint animer LONG. Il eut pour point de départ l'obélisque que le vicomte Pierre de Buissy, capitaine des chasses du comte d'Artois, fit élever l'an 1777 en l'honneur du futur Charles x, face à l'ancienne entrée du château près du vieux chemin d'Abbeville à Amiens. Cette édifice s'élevant à 70 pieds (22 m environ, le pied français mesurait 0.324 m) était largement visible de la Somme qui longe le parc sur plusieurs centaines de mètres. Sa vue provoqua de la part de quelques voyageurs une réaction consignée sur les registres aux délibérations de la commune de Long en ces termes/ «  le 1 er septembre 1792, an IV de la liberté et le 1 er de l'Egalité, se sont présentés devant nous, Honoré Moignet, procureur de la commune de Long, plusieurs citoyens électeurs de différents districts du département de la Somme, lesquels nous ont dit que passant par la diligence d'eau ainsi que cent autres passagers (ce service existait depuis le 30 décembre 1720 chaque jour et assurait la liaison Abbeville- Amiens ; le passage coûtait 15 sols d'Amiesn à Abbeville et 40 sols dans le sens inverse). Electeurs comme eux, dont ils se sont députés vers nous, pour nous manifester leur surprise d'avoir vu sur notre territoire, et près le ci-devant château de cette commune de Long, exister encore une pyramide, monument honteux de la féodalité, dont cet objet en particulier présente une foule d'attributs ; que c'était une inobservation de la Loi qui leur paru intolérable, et qu'ils avaient mis pied à terre pour présenter à la municipalité leur pétition comme citoyens », à l'effet de faire disparaître ce signe avilissant de l'esclavage, et autres marques de même nature qui pourraient exister à l'extérieur de la maison du sieur Boubert, laquelle pétition est signée ainsi qu'il suit… »

L'Affaire présentée devant le directoire d'Abbeville le 6 septembre aboutit à la démolition de l'obélisque qui fut débité en plusieurs lots vendus aux enchères publiques. Les briques furent utilisées en 1802 pour la reconstruction du pont. L'aigle de plomb qui surmontait le tout employé à la confection de balles nécessaires à la défense de la patrie. Deux des trois cloches que renfermait le clocher allèrent un peu plus tard rejoindre à la fonderie cet avillisant emblème ailé de l'esclavage.  Mais ce beau patriotisme avaient disparu le lendemain et la cupidité individuelle prit sa grande part de cette épave que lui jetait la tempête révolutionnaire. La municipalité s'appropria le reste. Des pierres servirent à la construction de maisons.

Il est d'ailleurs bon de signaler que les jeunes du village ne montrèrent pas de fibre patriotique et que la municipalité de Long acheta pour la somme de 6315 livres et 10 sols dix-sept remplaçants qui partirent en lieu et place d'un nombre égal de jeunes gens du village dont Jean Baptiste Nicolas Danten et son frère Nicolas François pour défendre la patrie. La Commune paya une fois encore cette dépense par la vente d'une parcelle de terrain à faculter de tourber le 30 septembre 1792.

Le 30 janvier 1793 le pont s'écroule… le lendemain, une adresse rédigée par la commune aux « citoyens administrateurs du département de la Somme » signalait : « que le pont sur la Somme est actuellement dans l'état de dépérissement le plus dangereux une maçonnerie en briques et sur pilotis soutenant les terres du chevet Nord faite en 1758 qui a coûté extrêmement cher à la commune vient de s'écrouler dans la rivière non sans fracas considérable, puisque dans sa chûte, elle a entraîné l'arche du pont qui se trouvait lié de communication avec le chapiteau de cette muraille en maçonnerie et a entraîné aussi un bâtiment de neuf pieds environ appartenant au citoyen Nicolas Devisme. ». Le pont ne fut reconstruit qu'en 1802 aux frais de la Commune. Rappelons que la commune se servit des briques de l'obélisque qui avait été détruit dans le parc du château dix ans plus tôt. Entre 1793 et 1802 un bac installé vers « la molle eau » (rue de l'Abreuvoir) loué par la municipalité au sieur Pierre Riquier, charpentier à Fontaine-sur-Somme au prix de 800 f l'an, permettait le passage d'une rive à l'autre, la gratuité en étant accordée aux seuls habitants de Long ; les étrangers devaient acquitter le même prix que les usagers du bac de Cocquerel.

An 1799  :Le comte Amédée Charles Marie de Boubers rentra en France en 1799, commanda les volontaires royaux connus sous le nom d'armée de l'arc-en-ciel et reçut la croix St Louis de la main même du roi Louis XVIII, à son passage à Abbeville le 22 mars 1815. Ce fut aussi à sa demande que la ville d'Abbeville reçut du roi le nom de bonne ville, quoique l'ordonnance n'en ait été rendue qu'au retour de Gand.

Le comte de Boubers eut de son mariage quatre enfants : Amédée Victor mort jeune ; Alphonse Alexandre Charles, châtelain de LONG en 1860 marié à demoiselle Mathilde de Corday ; Aure Pauline Henriette qui épousa André Félix, vicomte de Fayolle ; Ide Rose Blanche mariée à Pierre Jules du Mesniel de Saveuse.

Signalons ici une particularité: la première et la dernière famille qui possédèrent la seigneurie de LONG, à six siècles d'intervalle, furent toutes deux alliées à la maison d'Abbeville. Guillaume d'Abbeville qui a épousé Ide de Boubers vers l'an 1200 avait même un obit dans l'église de Longpré pour 12 sols et une livre de poivre, à prendre sur une dîme à Morival, paroisse de Vismes.

Cest à cette époque qu'eut lieu l'épilogue du dossier "les prés volés" qui opposa LONG et Longpré pendant longtemps... (enfin semble-t-il puisqu'aujourd'hui encore les habitants des deux communes en parlent encore ...)

Dan son livre écrit en 1860, l'histoire de Long et Longpré, l'abbé Delgove explique : "ce fut presque de nos jours que se termina enfin la grande question qui divisa pendant plusieurs siècles les deux communautés de LONG et Longpré, relativement à leurs marais communs (chès prés volés). En effet le 14 avril 1777, la commune de Longpré assignait en dommages et intérêts quelques tourbiers de LONG pour faits d'anticipation et de détérioration dans le marais en litige. La Commune de LONG qui vit le piège, prit fait et cause pour les tourbiers accusés. Longpré changea alors de tactique et agrandit le procès. Il se déclara troublé dans sa possession immémoriale des marais en question. La cause fut donc portée en ces termes à la barre des juges, qui, par jugement contradictoire, appointèrent en droit les parties le 21 avril 1780. Longpré alla plus loin encore et dans ses contredits du 3 mars 1790 il insistait pour se faire adjuger la propriété et la possession, à l'encontre de LONG qui se disait propriétaire exclusif et n'expliquait la jouissance de Longpré que par pure tolérance de sa part, tolérance dont on voulait exciper contre lui et faire argument de prescription. Le 27 juin 1791 décision des experts en faveur de LONGPRE, appel de cette décision par la commune de LONG le 3 mars 1792, et sommation faite à Longpré en 1794 de prouver l'authenticité des prétendues lettres de Jean de Croy sur lesquelles la commune faisait reposer toute son argumentation. Longpré ne fit aucune réponse à cette injonction et pour cause, car en vérité, messieurs ses avocats s'étaient montrés bien peu scrupuleux dans cette question historique. Enfin le procès menaçait de s'éterniser, n'eut été l'intervention des deux maires rivaux, qui de guerre lasse, présentèrent un projet de transaction dont l'acte fut passé en 1810. Longpré obtint le partage du grand marais, et la co-propriété indivise du petit. Mais cette indivision renfermait le germe d'un nouveau procès, et LONG, armé de l'article 815 du Code Civil, obtint le partage demandé. L'acte en a été passé le 16 mars 1840. Ainsi ont pris fin tous les incidents d'une lutte de plusieurs siècles entre Long et Longpré, lesquels laissèrent subsister longtemps encore des sentiments de rivalité et de mauvais voisinage entre ces deux communes" .

Peu de jeunes de Long prirent une part active à l'épopée napoléonienne… Jean Casimir Frédéric Danten conscrit en 1806 participa les années suivantes aux campagnes d'Espagne et d'Autriche. Rendu à la vie civile il regagna son foyer et ne rejoignit pas l'armée impériale lors des 100 jours en 1815. Mais il sentit certainement son cœur battre lorsqu'il apprit qu'on avait aperçu entre les arbres le 22 mars 1815 vers 3 heures de l'après-midi dépassant les roseaux jaunis, se faufilant dans les caches des marais les dolmans verts et rouges des cavaliers d'Exelmans, lancés à la poursuite des troupes débandées de la Maison du roi qui ayant quitté Paris dans la nuit du dimanche des rameaux fuyaient par Poix, Airaines et Pont-Rémy sur la trace des princes, dont on ne savait au juste s'ils se rendaient à Boulogne ou à Lille. On les retrouva à Gand. C'était la 2 ème compagnie du 3 ème escadron appartenant au 1 er régiment des chasseurs impériaux, qui portaient encore trois jours auparavant le nom de chasseurs du Roi. Partis le matin d'Amiens, ils avaient pour mission de pousser des reconnaissances en suivant la vallée jusque si possible à Pont-Remy et d'éclairer le régiment » (d'après Aragon la semaine sainte). Dans le village la rumeur s'en répandit sur le champ. Les drapeaux tricolores apparurent aux fenêtres, d'abord timidement puis jusque sur la Mairie. A l'auberge de François Miannay on dut à nouveau ce soir là chanter « veillons au salut de l'empire ». Le lendemain matin, le maire Pierre MOIGNET réunissait son conseil municipal qui votait à la hâte une motion de fidélité à l'Empereur. La récompense vint le 7 mai : Pierre Moignet était confirmé dans ses fonctions, Florimond Létévé nommé adjoint en remplacement d'Antoine Delplanque. A l'exception de trois conseillers, la municipalité jura obéissance aux constitutions de l'Empire et fidélité à l'Empereur.

Après le désastre de Waterloo, Monsieur Pierre Moignet fut suspendu de ses fonctions et remplacé par le comte de Boubers. Antoine Delplanque retrouva son fauteuil d'Adjoint et les autres membres du Conseil municipal sont maintenus dans leur fonction. Le Conseil, à l'unanimité de ses membres, prononça le serment : «  Je jure et promets à Dieu de garder obéissance et fidélité au Roi, de n'avoir aucune intelligence, de n'assister à aucun conseil, de n'entretenir aucune ligue qui serait contraire à son autorité ». Tout était rentré dans l'ordre, sauf pour ce pauvre Monsieur Moignet qui dans cette affaire perdit son écharpe. Une nouvelle fois, la Commune de LONG, avait suivi le mouvement, sans plus... vive le roi ... puis vive l'empereur... et re... vive le roi....

vue de 1890 dessin de Oscar MACRON

Dans l'annuaire du commerce de 1866 dans la Somme nous apprenons que le Comte de Boubers est propriétaire du château et que Monsieur DUCLOY est maire de LONG... nous avons également la liste des commerces et artisans du village: la voici:

Bourreliers: Monsieur MENEL A et MENEL P

Brasseurs: Monsieur DUCLOY Florentin

Vendeur de charbon: Monsieur PECQUET Camille

Fabricant de chaux: Monsieur DERIVIERE E

Draps et nouveautés: Monsieur PAPIN et M.Me TELLIER-MOREAU

Epiciers: MM. DOUILLET, LOURDELLE et PECQUET A

Médecins: MM. LETEVE C-E et MOIGNET A

Meunier: Monsieur DEVAUCHELLE

Pharmacien: Monsieur BELLARD C

Quincaillerie: Monsieur PECQUET

Fabricant de toiles: Monsieur TRANCART à Hangest pour sacs, bâches et emballages

Exploitants de tourbe: MM. BILHAUT, CARPENTIER E, DANTEN, DELGOVE, DIEU Fernand, PECQUET F, PECQUET R, PRUVOT, TROGNEUX

Omnibus pour la station de Longpré...

 

Après la seconde guerre mondiale la commune de LONG recevra la croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze; Citation à l'ordre du régiment du 11 novembre 1948: "courageuse commune au tiers détruite pendant la guerre 1939-1945, s'est remise avec foi et ardeur au travail"

Merci à Emmanuel Petit, Madame Loo, Monsieur Paul DANTEN, Monsieur Raoul DANTEN etc... sources: La guerre des GAULES, archives départementales, encarta, encyclopédie universalis, encyclopédie Atlas,Livres Roger Agache, et divers ouvrages sur l'histoire de notre Région.

à suivre... Lionel BACQUET

 

Evolution de la Population à LONG

1469 : 60 feux

1550 : 500 habitants

1689 : 415 habitants

vers 1692 : 415 habitants

Vers 1696 : 715 habitants

1709 : 162 feux à LONG et Castelet

1724 : 188 feux 524 habitants

1772 : 230 feux 774 habitants

Vers 1778 : 576 habitants ???

Sénéchaussée de Ponthieu en 1789

Vers 1790 : 1300 habitants

1793 : 1248 habitants

1800: 1294 habitants

1806: 1381 habitants

1821: 1520 habitants

Canton d'Ailly le haut Clocher en l'an 7

1831 1593 habitants

1832 : 1600 habitants

1833 : 1593 habitants et 466 maisons

1836: 1529 habitants

1841 : 1573habitants

1846: 1593 habitants

1851 : 1589 habitants

1856: 1529 habitants

1860 : 1509 habitants

1861: 1505 habitants

1866: 1466 habitants

1872: 1348 habitants

1876 : 1336 habitants insee

1881 : 1225 habitants insee

1886 : 1218 habitants insee

1891 : 1205 habitants insee

1894 : 1200 habitants

1896 : 1122 habitants insee

1901 : 1085 habitants insee

1906 : 1026 habitants insee

1911 : 920 habitants insee

1921 : 816 habitants insee

1926 : 780 habitants insee

1931 : 733 habitants insee

1933: 733 habitants

1936 : 706 habitants insee

1946 : 711 habitants insee

1954 : 695 habitants insee

1962 : 656 habitants insee

1968 : 648 habitants insee

1975 : 606 habitants insee

1982 : 574 habitants insee

1990 : 575 habitants insee

1999 : 624 habitants insee

2006: 654 habitants insee

2007: 658 habitants insee

2010: 658 habitants insee

2012: 640 habitants insee

2015: 644 habitants

Lieux-dits de LONG :

en plaine

Vallée du bois Flandre

Les montre-culs

Le bègue

Le coin mathelin (Cohen Mathelin)

La trenquie

Le chapitre

Le temple

La vallée de l'hôpital

Les Pas

Les puits

Rayons de Wetz

Garde à dos

Dans les marais :

Roque Annette

Le coin à épuche

Les prés d'envies

Les communes faucillantes

Le paradis

Les croupes

Curés de LONG Vicaires

Philippe Béguin 1600-1605 Formantin 1683

Romain Damanetz 1624-1634 Boivin 1685

Jacques Dacheu décédé le 6 avril 1682 Petit 1689

Dugardin 1700 1681-1682

Nicolas Barrangue décédé le 9 juin 1700 Leclerc 1705

Pigeon 1711 1682-1700

Ribaucourt 1700-1710 Jumel 1725

Louis (1) Dessommes 1710-1724 (2) Trogneux 1728

Ignace Jumel 1724(1)-1728(d) Ricouart 1734

Poultier 1737-1758 Mallo 1735

Deschamps 1758-1774 Denaux 1738

Boinet 1775 Patte 1739

Heudré 1775-1792 Francière 1745

Brailly 1801 La Cauchie 1758

Caux 1801 Caron 1745

Riquier 1804 Lancéa 1774

Brailly pour la 2 ème fois 1805 Bouthors 1779

De Létoile 1810 Deflandre 1780

Allou 1811 Bobillard 1789

Cumont 1818 Caux 1792

Jourdain 1828 Chevalier 1858

Naillon Né en 1810 à Hangest-sur-Somme, Il fut ordonné prêtre à 26 ans et envoyé à CITERNES. Il dote la paroisse d'un presbytère puis d'une église consacrée en 1843 par l'évêque MIOLAND; nommé à LONG de 1846 jusq'en 1853 (curé très intéressé par la reconstruction de l'église) il quittera LONG pour Nouvion où il reconstruira l'église en 1875 après avoir déplacé le cimetière en 1866. Il mourra en 1880.

Delgove 1853

1881-1910 Abbé CODVELLE (dél en 1905 qui nous apprend que l'abbé CODVELLE est âgé de 45 ans et qu'il à 24 ans de service)

1910 - 1/06/1916 Abbé ACCARD

Abbé DUPIN dél du 27/05/1916 location du presbytère à l'abbé DUPIN 1/05/1916 au 30/06/1922

Abbé MONCHAUX dél du 1/07/1922 (1922- oct 1927

Abbé BRIERE 1927

Abbé BRACONNIER 1941 à 10/1961 (départ le 08/01/1961 nommé aumonier de la maison mère des soueurs Notre Dame des douleurs de Bacouel)

Kooymann 1961, le Prêtre qui a fait nettoyer le Cavaillé Coll (il était auparavant curé de Plessiers-Rozainvillers) L'abbé KOOYMANN rendit hommage à Madame Ida MACHY à l'occasion de ses 80 ans ... elle était l'organiste de la paroisse depuis 65 ans puisqu'elle avait commencé à jouer sur notre Cavaillé Coll à l'âge de 15 an. Elle sera remplacée par Mme MARAND Geneviève, fille de Charles PONCHE le célèbre inventeur du tubavion. Mme MARAND sera remplacée par notre actuelle organiste, Madame Marie-Bernadette LEPINE.

Abbé d'Amiens de 1969 à septembre 1971 il est parti à Noyelles

De Raeve Joseph 10-1971 au

Donders 1980 ??? (dernier curé à habiter le Presbytère)

Lamerand, Bernard et Philippe' prêtres sur Saint-Riquier)

Lomond (de Pont-Rémy)

Hautefeuille 2011 (d'Abbeville)

LES SEIGNEURS DE LONG :

1119 : Guillaume de Fontaines, chevalier

1160 : Enguerran de Fontaines, chevalier et Sénéchal de Ponthieu

1185-1205 : Aléaume de Fontaines, chevalier(enfants : Hugues, Wauthier,Marie et Isabelle)

1230 : Hugues de Fontaines, chevalier

1270 : Aléaume de Fontaines, chevalier

1288 : Eustache de Fontaines, chevalier

1310 : Eustache de Fontaines, prêtre, chanoine et préchantre d'Amiens qui a pour héritier sa sœur

1320 : Jeanne de Fontaines, femme de Jean de Cresecques, chevalier, conseiller et chambellan du Roi

1340 : Guillaume de Cresecques, chevalier

1370 : Robert de Cresecques, chevalier, conseiller et chambellan du roi

1415 : Robert de cresecques, chevalier

1440 : Guillaume de Cresecques, chevalier

1460 : Jean de Cresecques, chevalier

1489-1505 : Jeanne de Cresecques, femme de Jean de Croy, comte de Roeux

1505-1525 : Ferry de Croy, comte de Roeux, chevalier de la Toison d'or, grand maître d'hôtel de l'empereur Maximilien

1525-1570 : Jean de Croy, comte de Roeux, cambellan du roi d'Espagne et capitaine de 50 hommes d'armes. Il meurt sans postérité et a pour héritière sa sœur.

1570-1600 : Marie de Croy, femme d'Adrien de Boulainvilliers, chevalier

1600-1630 : Daniel de Boulainvilliers, vicomte de Dreu, baron de Coudaye

1630-1656 : Abraham de Boulainvilliers, vicomte de Dreux. Il laisse ses seigneuries à sa nièce

1656-1689 : Anne de Dangueulles, femme de Philippe de Montigny, conseiller et maître d'hôtel ordinaire du roi et gouverneur de Dieppe

1689-1696 : Guillaume de Montigny, vicomte de Dreux

1696-1698 : Joseph de Montigny, chevalier, capitaine au régiment de Berry, cavalerie. Il vend LONG en 1698 à la famille de Buissy…

1698-1712 : Honoré de Buissy, chevalier,.

1712-1762 : Honoré Charles de Buissy, chevalier qui fait construire le château actuel. Honoré Charles de Buissy est mort le 15 septembre 1762 et est enterré dans le caveau de l'église de Longpré

1762-1777 : Pierre de Buissy, chevalier, officier aux gardes françaises, capitaine des chasses du comte d'Artois. Il épouse Anne Elisabeth GAUDIN vicomtesse de Buissy (1749-1832 enterrée à LONG

1789 : Anne Charlotte Elisabeth de BUISSY(1170-1850 enterrée à LONG, marraine des cloches de LONG en 1809), femme d'Amédée Charles Marie, comte de Boubers-Abbeville-Tunc(1766-1846 enterré à LONG , parrain des Cloches). Amédée Charles Marie BOUBERS TUNC est au corps royal des carabiniers commandé par Monsieur. Il émigra en Wesphalie et fit partie de l'armée des princes dans la campagne de 1792.

Amédée rentre en France, commande les volontaires royaux connus sous le nom d'armée de l'Arc en ciel, et il reçoit la croix de Saint Louis de la main de LOUIS XVIII lors de son passage à Abbeville le 22 mars 1815.

Enfants d'Amédée et d'Anne : A vérifier :

Amédée Victor décédé le 6 août 1815 à l'âge de 25 ans à LONG

Alphonse Alexandre Charles, de Boubers Abbeville, Seigneur de LONG, marié à Demoiselle Mathilde de COROKAY, né en Wesphalie, à LIPSTADSEN le 31 janvier 1789 ou 1798, plutôt 1798….. (preuve que ses parents avaient quitté la France lors de la révolution. Il est décédé à LONG le 6 août 1815.

Epoux de Anne Pauline vicomtesse de Fayolle (1790-1863) enterrée à LONG ??? épouse ou sœur ???

Olivier Angelbert Marie Comte de Boubers Abbeville (1846-1871) fils de Alphonse ??? fut le dernier Boubers qui habita le château, meurt le 4 février 1871 au camp de Boulogne-sur-Mer du typhus. Il était capitaine de la garde nationale.

(héritiers : Ida Rose Blanche Boubers, épouse MAISNIEL de SAVEUSE

et Charlotte Anaïs Zoé MATHILDE de CORDAY D'ORBIGNY, veuve d'Alphonse de Boubers.

 

Le château est vendu à la famille de ROUVROY.

C'est monsieur Octave de Rouvroy qui achète le château (né le 29 février 1828) veuf et remarié à Madame CHABERNAL de BONNEUIL. Monsieur de ROUVROY meurt au château de LONG le 9 juin 1882.

Son fils Edouard de Rouvroy marié à Marie Hélène Stéphanie de FRANQUEVILLE d'ABANCOURT hérite.

Vente du château le 8 mars 1916 (voir histoire 1914-1918) au compte de PANEVINON propriétaire à Behin. La fille de M.de PANEVINON , Madame de SAINT-PIERRE a hérité, elle habitait SAINT BRIEUC.

Le château est resté inhabité un long moment de 1930 à 1942. Pendant la seconde guerre mondiale donc, Les allemands l'ont occupé, brûlant parquet, fenêtre etc… se permettant même de rentrer dans le château avec leurs side-cars.

Après leur départ, ce fut le lieu de jeu des enfants du village jusqu'en 1964.

En 1964, monsieur Roger VANGLABEKE, alors PDG de la peinture AVI, achète le château dans un très mauvais état et le restaure avec les aides des Monuments historiques. Un travail extraordinaire et de qualité puisqu'il a d'ailleurs obtenu le prix chef d'œuvre en péril qui lui a été remis par M. André MALRAUX.Ministre des Affaires culturelles en 1967. Au fil des années monsieur VANGLABEKE meubla le château avec un très beau mobilier Louis XV et Louis XVI. Il a d'ailleurs réuni l'une des plus belles collections au monde de pendules qui fut malheureusement vendueà Drouot en 2000 lors de la vente du château.

Monsieur VAN GLABEKE vendit le château en 2000 à M.DELAHAYE qui a particulièrement axé ses efforts sur les serres, le lavoir et le magnifique fleurissement du parc... le château fait partie des jardins remarquables du département.

MAIRES DE LONG

 

Moreau 1790

Bonneval 1796

Moignet 1797

Dieu 1805

Moignet 1808

De Boubers 1814

Plé 1817

De Boubers 1828

Gayet 1829

Dubois Amédée 1848

Papin Pierre 1848

Ducloy Florentin 1860

De Rouvroy Octave 1875

Rose Camille 1882

De Rouvroy René 1898 à 1916

Bilhaut Arthur 1919

Carpentier Lévêque Charles 1925

Danten Prosper 1932

Carpentier Gaëtan 1939 (qui mourut dans le train de la mort en 1944 et qui restera Maire jusqu'en 1947)

Coffinier Robert 1947

Foulon Raoul 1953

Danten Paul 1965

Besson Michel 1983

Bernard Gabriel 1989 (Maire qui a officié le plus longtemps depuis la révolution)

Lépine Francis 2008

SUROWIEC Jean-Marie 2014

 

INSTITUTEURS DE LONG:

1902 - 1903 M. FLANDRE - QUESNEL - MOREAUX et QUESNEL

1922 Mme LAGORSSE

1932 Mlle PERRIER institutrice titulaire (dél du 2/10/1932 en remplacement de Mlle DORMY Yvette qui a terminé le 30/07/1932)

1/10/1933-30/09/1936 Mme DE SAINT RIQUIER - ACLOQUE institutrice à l'école des filles en remplacement de Mlle PERRIER Marie-Louise nommée au lycée de Montévidéo

1936 Mlle FOSSIER Léonie jusqu'au 17 septembre 1964 en remplacement de Mme DE SAINT RIQUIER qui part à Cocquerel

1/10/1942 Mme BLIQUE née VASSEUR Violette institutrice adjointe en remplacement de Mlle DUQUESNOY Denise partie le 30/09/1942

10/09/1943 M.JACOB Jean instuteur adjoint titulaire en remplacement de Mlle BLIQUE

1952 Mme FORESTIER école des garçons et arrivée d'un directeur

18 septembre 1964 jusqu'en 1995 Mme ROUSSEL épouse BESSON Mauricette

1965 Monsieur BOUCHON

1970 Mme AUVRAY Anne-Marie née MOITIER

1971 Monsieur BOUCHON Jean-Marie instituteur adjoint

1971-1973 M; SAINT POL née EVRARD Martine adjoint stagiaire

1974 Mlle DOVERGNE Yvelaine institutrice remplaçante en septembre 1974

1974 Monsieur BOUTON Jean-Louis

FERMETURE d'une classe en juin 1975 - il y avait 34 élèves qui allaient au C.E.G de Longpré ... réflexion le 7/02/1976 pour un regroupement des classes

du 6 septembre 1986 au .. juillet 1993 Mme DURAND Laurence

du 1septembre 1993 au .. juillet 1994 Mllle LEBLANC Haydée

Départ de M.Mme LESOT en juin 1993

du 1 septembre 1994 au 30 août2000 Mlle COUTURIER Sandrine

Départ en retraite de Madame BESSON Mauricette

du 9 octobre 1995 au 31 août 1996 Mme LAVOINE Sandrine

du 1 septembre 1996 au 31 août 1995 M.SCHMITT Gilles

du 24 août 1998 au 31 août 2000 Mllle OGER Sophie

du 1 septembre 2000 au .... Mme DOREMUS Isabelle

du 1 septembre 2001 au ... Mlle CROISET Véronique

du 1 septembre 2006 au ... Mme RICOUART Stéphanie

SOUTERRAINS A LONG:

Il existe sur le territoire de LONG plusieurs souterrains dont les uns situés dans les bois paraissant avoir une origine gauloise. Ce sont des fosses d'un accès difficile qui semblent avoir dû servir de refuge pendant les guerres. D'autres ne sont évidemment que des carrières dont plusieurs remontent à une époque reculée. La tradition du pays veut que l'une d'elles ait été habitée par des templiers fugitifs. Un canton à mi-côte et nommé le temple, et des traces de constructions ainsi que des vestiges de dallage, découverts par le soc d'une charrue, pourraient donner quelques vraisemblances à cette tradition. On a trouvé sous le château, sous l'emplacement de l'ancienne forteresse et sous l'église d'autres souterrains qui étaient probablement reliés entre eux. Des éboulements n'ont pas permis de s'en assurer. Dans les décombres de l'ancien château fort on a découvert un silex qui paraît avoir été un couteau celtique. Il a été donné à M. BOUCHER DE PERTHES. Il y a quelques années en défichant une partie du bois qui couronnait le coteau sur la rive droite de la Somme, on a trouvé et suivi sur toute la longueur de ce bois, pendant un kilomètre, une voie bien indiquée par le cailloutage et large de huit à 10 mètres. La direction du couchant au levant, toujours sur la crête du coteau, est en droite ligne sur le camp romain de L'Etoile, et se perd en un lieu nommé la Trenquie, et qui effectivement est une tranchée bien conservée, qui faisait autrefois la séparation du comté de Ponthieu et du Baillage d'Amiens. Enfin on découvrit sur le même coteau ici un vase contenant quantité de pièces du bas-empire, là des tombeaux d'enfants renfermant des vases de terre rouge ornés d'arabesque ; ailleurs un squelette avec des fragments d'armure et à côté de lui une enseigne romaine ; c'est à dire un chien en bronze, long de 6 à 8 pouces, posés sur un socle également en bronze et percé par le bas, comme pour en recevoir une hampe ; ailleurs encore quatre squelettes enterrés à quatre pieds de profondeur, d'une stature plus qu'ordinaire, ayant entre les jambes et au dessous des genoux un vase gallo-romain en terre, de forme ronde et sans anses (Abbé Delgove).